Archive pour septembre, 2014

Lola of Skagen, la voile traditionnelle vivante

29 septembre, 2014

Publié le 25 avril 2014

 

C’est un bateau “coup de cœur“, un voilier presque centenaire que le capitaine, Jean-François Garenne, est fier de faire naviguer dans les pertuis et sur la façade atlantique.

 

Construit en 1919 au Danemark, Lola of Skagen porte le nom de la ville qui l’a vu naître. À l’époque il fait partie d’une longue série de navires de pêche à la senne circulaire (filet tournant), qui permettaient grâce à leur relative rapidité de rejoindre Londres pour vendre le poisson frais et vivant, conservé dans des viviers, et donc d’en augmenter la valeur. Jean-François Garenne que l’activité de consultant en informatique faisait voyager à travers l’Europe avait l’occasion de naviguer sur les voiliers traditionnels des polders hollandais. C’est là qu’il a eu un coup de cœur pour les vieux gréement puis l’envie de monter un nouveau projet professionnel, faire vivre et naviguer un vieux gréement sur la façade atlantique.

Lola 1

Photo © DR

Une rencontre et un projet de vie.

C’est aux Pays-Bas, dans un port de la Frise que Jean-François Garenne trouve son bateau. Il va pouvoir démarrer son nouveau projet de vie. « J’ai choisi Lola parce que c’est un bateau marin, déclare t-il, j’avais des critères d’esthétique traditionnelle, de qualités nautiques, maritimes et une bonne habitabilité. Ce n’est pas le cas de tous les vieux gréements des Pays-Bas qui sont avant tout faits pour naviguer sur les polders. Mon projet devait lier vie familiale, avoir un impact responsable sur l’environnement et un modèle économique viable ». Sur l’idée de ce qui existe là-bas, il reprend une idée qui marche bien pour l’étudier et l’adapter à la mer, faire naviguer des gens à l’ancienne mais avec une convivialité inégalable. Lola of Skagen est prêt à naviguer quand il l’achète, mais pas pour embarquer des équipiers. Le nouvel armateur n’est pas pressé, il met 7 ans à le préparer et le transformer à Douarnenez et Bordeaux, il modifie le gréement pour en faire un cotre aurique plus performant et plus facile à manœuvrer, puis rend l’intérieur habitable et vivable avec un carré, une cuisine et des couchettes à l’esprit d’époque mais avec le confort, il y a même du 220 volts. Le bateau peut embarquer douze équipiers en croisière. Pendant ce temps le skipper obtient le “Yacht Master“ en Angleterre, diplôme qui l’autorise à embarquer des équipiers qu’il rendra international en obtenant le “Capitaine 200“ en France. En 2002 l’exploitation professionnelle de Lola of Skagen, peut commencer.

Lola 2

Photo © SM

Naviguer durable et vivre local

Le projet mis en place, il reste à trouver un port d’attache où s’installer pour exploiter le voilier. Jean-François Garenne pense d’abord naturellement à La Rochelle, « mais lors d’une escale à Saint-Denis, explique t-il, j’ai eu un accueil tellement sympathique de la part du personnel du port et même du maire, que j’ai décidé d’y laisser le bateau. Ils lui ont tout de suite fait une place pour être la base logistique de Lola of Skagen ». Dans le projet était inclus une mesure de l’impact environnemental. Le bateau étant en bois, c’est un bon départ vers le durable. Les divers travaux d’amélioration et de restauration sont fait sur l’île, entre autres au Chantier du Bois Marin. Le skipper et sa famille s’intègrent dans la vie locale et s’implantent sur l’île, il peut faire profiter ses équipiers des produits locaux. « Je favorise les circuits courts pour l’avitaillement, détaille t-il, du frais, du local, du bio. Je fidélise les gens avec ma cuisine, que ce soit dans les pertuis ou lors de croisières en Bretagne ». Respectant son crédo “responsable et durable“ l’eau utilisée à bord ne peut être pompée qu’à la force du pied, 1100 litres suffisent pour une croisière d’une semaine. Le moteur est très peu utilisé, à peine pour les manœuvres de port. « Depuis 2003, nous enregistrons nos consommations et nombre d’heures moteur, signale Jean-François Garenne, nous prêtons la plus grande attention à son utilisation et avons ainsi diminué notre consommation de gasoil de plus de 75% à activité en augmentation raisonnable mais constante ». Historiquement, ces bateaux ne naviguaient qu’à la voile.

Lola 6

Photo © SM

Naviguer à l’ancienne et se cultiver

À son métier de capitaine, Jean-François Garenne ajoute celui de guide touristique. Dans son programme de navigation il inclus des randonnées sur les îles, profitant d’une remontée de la Charente une visite de l’Hermione, des croisières spéciales Vauban, l’Histoire des brûlots. Avec Lola of Skagen dont toute la technicité a été éprouvée depuis l’époque de la navigation à la voile pure et dont les éléments ont été ajustés au bateau, les gens qui naviguent peu manœuvrent néanmoins facilement. « Il ne faut pas croire que tout était difficile à l’époque, souligne le capitane, la vie n’était pas facile mais le bateau lui l’était. Sur Lola où nous pouvons être douze, les pêcheurs partaient à cinq, c’est la pêche qui était dure ». Le bateau possède tous les moyens moderne de navigation (GPS, lecteur de carte électronique, radar), mais le skipper propose aussi de “faire la nav’“ à l’ancienne avec sextant, loch à poisson, compas de relèvement, sonde à main, positionnement sur carte.

À partir d’une passion Jean-François Garenne a réinventé un métier, son métier, et il le partage bien. Des équipiers qui se sont rencontrés à son bord ont fini par se marier et reviennent régulièrement.

orion.charter.pagespro-orange.fr

Lola of Skagen 05 46 75 74 08