Archive pour octobre, 2014

Non la bière n’est pas un naufrage !

30 octobre, 2014

Publié le 20 juin 2014

Visite de la Brasserie des Naufrageurs

Située en plein champs, aux Landes entre Saint-Pierre et Saint-Georges, la brasserie de Jean-Luc Métayer existe depuis 19 ans. Le brasseur, agriculteur et ex-apiculteur, diplômé universitaire et du Conservatoire National des Arts et Métiers, décide de créer sa brasserie après une rencontre surprenante. C’est à Aubeterre-sur-Dronne, à la limite de Charente et Dordogne, qu’il visite un jour la plus petite brasserie de France. Là, un archéologue canadien brasse dans sa cuisine des bières improbables dont il remplit des bouteilles de récupération. Le liquide élaboré à l’anglaise est agrémenté de macérations de carottes râpées ou de poire.

“Savoir faire“

« Sur mon exploitation je me suis mis à cultiver de l’orge, explique Jean-Luc Métayer, orge verte que je mets à fermenter dans de l’eau semi filtrée pour la transformer en malt auquel un ou deux pourcent de houblon sont ajoutés pour les arômes, puis je brasse le tout dans une grande cuve chauffée ». Le liquide passe par deux fermentations à chaud et à froid avant de pouvoir s’appeler bière. Elle est conservée plusieurs semaines en cuve afin de faire mûrir son goût et son bouquet. C’est l’habileté du brasseur qui donne sa spécificité à la bière. Le résidu de malt appelé “drêche“ très énergétique sert à nourrir son bétail dont deux superbes vaches des Highlands (Écosse). Jean-Luc Métayer est un autodidacte de la brasserie, mais il existe une formation de brasseurs à l’université de La Rochelle qui se nomme “La science infuse“. En France, 700 petits brasseur sont installés dont sept en Charente-Maritime.

Bière des naufrageurs

Jean-Luc Métayer, un joyeux brasseur

Une brasserie pittoresque

Bon an, mal an, la Brasserie des Naufrageurs produit 700 à 800 hectolitres de bière déclinée en vingt produits différents. Les plus classiques, blondes, blanches et ambrées, des typées noires et poivre noir à l’infusion de poivre, puis quelques originales, caramel à la fleur de sel, gingembre, mélilot, chanvre fruitées… La bière des Naufrageurs est présente dans une centaine d’établissements oléronais ainsi que dans la grande distribution.

L’église, le plus vieux bâtiment de Saint-Denis d’Oléron

21 octobre, 2014

Publié le 16 mai 2014

Bien campée au centre du bourg, l’église aurait été construite avant l’an 1040 date à laquelle on la trouve mentionnée pour la première fois. Elle est classée monument historique.

Propriété de l’abbaye aux Dames de Saintes dès 1047, l’église de Saint-Denis a traversé les siècles en subissant divers outrages. Pillée par des pirates espagnols, incendiée durant les guerres de religion et le clocher qui s’effondre au début du XVIIe siècle. L’église doit son existence à une reconstruction à la moitié du XIXe et l’ajout d’un nouveau clocher en 1877. De nos jours c’est la commune qui prend à sa charge ce monument chargé d’histoire. Trois grands vitraux on été refaits, copies exactes des anciens, les marteaux tinteurs des cloches ont été remplacés, les lignes électriques qui partent vers la sacristie ont été changées et pour la modernité la commande d’automatisation de l’horloge a été mise en conformité.

Église St Denis

 Classée monument historique, l’église de Saint-Denis a subi bien des épreuves. © S.M.

À l’intérieur un trésor, le Napoléon, maquette d’une frégate en ex-voto (prière matérielle en accomplissement d’un vœu ou en signe de reconnaissance), classée monument historique elle aussi, à l’abri dans une vitrine. Attaquée par des moisissures celle-ci a été restaurée par un professionnel agréé par les affaires culturelles.

Sur la façade, les quatre colonnes entourant la porte classée, portaient les statues de Saints qui n’étaient pas du goût d’un adjoint au maire. Au début des années 80, celui dont on a voulu oublier le nom, décida de les faire disparaître… Depuis, les municipalités successives, conscientes de la valeur de leur patrimoine et de son maintien, prennent en charge l’entretien de l’édifice le plus vieux de la commune.

Concerts sur l’orgue de l’église de Saint-Denis

21 octobre, 2014

Publié le 5 septembre 2014

Simon Warin présente six œuvres programmées et six autres au choix du public sur le nouvel orgue.

 C’est sur un orgue tout neuf arrivé en juin dernier au sein de l’église de Saint-Denis que Simon Warin va se produire pour un concert de deux heures. « C’est un instrument hyper réaliste, explique l’organiste, avec 1300 jeux de sons différents, il reproduit les sons de huit orgues différents, deux de l’époque baroque Bach XVIIe siècle, deux romantiques XIXe, deux autres symphoniques début XXe siècle et enfin deux contemporains ». De fait, l’instrument est un ordinateur ultra puissant dont les sons numérisés sont synthétisés pour donner le véritable son des tuyaux métalliques. Le musicien affirme pouvoir reproduire le son de la plupart des orgues existant dans le monde. Ce nouvel instrument qui a été acquis par le financement de la paroisse de l’île d’Oléron possède trois claviers au lieu de deux prévus initialement. C’est une donation faite par Évelyne et Frédéric Ollier qui a permis de choisir un orgue à trois claviers. La largeur du spectre sonore de l’orgue permet, sans assourdir les premiers rangs, une écoute optimale jusqu’au fond de l’église. Nul besoin d’amplification de grande puissance, la voute de l’édifice permet une bonne restitution de la musique dans tout son volume.

Concerts d'orgue

Simon Warin joue son nouvel orgue à trois claviers et un pédalier. © S.M.

Simon Warin est un artiste de grande réputation internationale. Dès l’âge de douze ans, il devint suppléant du second orgue de Champagne-Ardennes à Sedan puis titulaire du banc à seize ans. Après plus de trente ans sur le banc de l’orgue de la cathédrale Saint-Charles de Sedan, il quitte cet instrument devenu injouable, détruit par des infiltrations d’eau de pluie. Parallèlement à sa carrière d’organiste, Simon Warin a été professeur de musique puis commerçant en instruments de musique et enfin producteur de spectacles. Depuis vingt ans qu’il est sur l’île, le musicien joue sur l’orgue de Saint-Denis en concerts mais aussi aux offices dominicaux.

Des dinosaures sur Oléron

16 octobre, 2014

Publé le 9 mai 2014

L’île d’Oléron, outre sa variété de paysages, offre au public amateur de paléontologie et de géologie de passionnantes découvertes.

 C’est à Chassiron que l’amateur de “cailloux“ trouve son bonheur. C’est à cet endroit le plus rocheux de l’île que se trouve une petite falaise dont les strates renseignent sur la configuration particulière de la côte atlantique née il y a plus de 150 millions d’années, époque où l’océan se crée par la dérive des continents. Dominique Abit, passionné de paléontologie depuis l’enfance a créé Dinoléron une association qui lui permet de partager ce qu’il connaît de la pointe de Chassiron. « J’ai une formation de géologue que j’ai poursuivi à La Rochelle, mais que je n’ai pas conclu par un diplôme, explique t-il, à l’époque l’opportunité de prendre le poste de directeur du site de Chassiron m’a permis de travailler dans un lieu que j’aime et connaît bien ».

Dinoléron

Dominique Abit (debout au centre) partage sa passion avec le public © S.M.

Ce paléontologue très éclairé offre son temps aux scientifiques pour faire des recherches très pointues comme au cours d’un chantier de fouilles qui a eu lieu en 2011 où plusieurs tonnes de sables et graviers ont été tamisés sous des loupes binoculaires pour y trouver des dents de dinosaure, des fossiles de mâchoires et d’écailles de poissons, d’os de ptérosaure, ancêtres des reptiles volants. « Ici à Chassiron nous trouvons de petits fossiles qui sont de grande qualité, déclare Dominique Abit, le site est riche mais connu surtout par les chercheurs spécialistes ». Les fossiles trouvés par les amateurs sont surtout les gros comme les ammonites ou les coquillages fossilisés. L’extraction est interdite aux amateurs et seul le ramassage est autorisé. Ainsi pour sensibiliser le public à sa passion, Dominique Abit propose t-il des sorties gratuites de découverte du site à raison de trois ou quatre par an pour des groupes d’environ vingt personnes.

www.dinoleron.fr

Le port de plaisance : un acteur de la vie locale

16 octobre, 2014

Publié le 9 mai 2014

À l’instar du camping municipal et du site du phare de Chassiron, le port de Saint-Denis participe à la vie locale. Petit tour d’horizon sur cet acteur incontournable.

 Le port de plaisance, qui à l’origine ne permettait que l’échouage de 200 petits bateaux, a été reconstruit en 1989. Devenu port en eau profonde et agrandi pour 730 emplacements, le nouveau port est devenu une attraction pour Saint-Denis que l’on vienne de la mer ou par la route. La liste d’attente pour les places le prouve, il faut actuellement attendre entre 7 et 10 ans pour en obtenir une. L’accueil des visiteurs en escale est aussi une priorité pour le port, c’est ainsi que l’an passé 3070 bateaux ont pu être accueillis. « Nous avons mis en place une “gestion dynamique des emplacements“, explique Rodolphe Mouclier directeur du port, et grâce à ce système nous avons pu accueillir jusqu’à 108 bateaux en escale le même jour ».

Port de plaisance

Le port de plaisance acteur de la dynamique locale. © S.M.

Favoriser les visiteurs et aider les locaux

Cette gestion dynamique est une proposition faite aux 660 locataires d’emplacements annualisés de sortir leur bateau de l’eau deux mois consécutifs du 1er juin au 30 septembre, ou six semaines du 1er juillet au 31 août. Les bateaux sont soit stockés sur le parking en calcaire pour 2 € par jour maximum ou emportés en dehors de la zone portuaire par leurs propriétaires. En échange la gestion propose une ristourne de 200 € sur le loyer annuel ainsi qu’un 365e de la taxe par jour de relocation de l’emplacement à des visiteurs ou des résidents secondaires. « Il va de soit que nous leur appliquons les tarifs haute saison, indique Alain Charlet deuxième adjoint au maire en charge du nautisme porteur du projet, la différence aide au fonctionnement du port ». En 2013, pour la deuxième année, ce sont 18 000 € qui ont été générés et une fois les forfaits rétrocédés aux annualisés il restait 9000 €. « Les efforts que fait le port sont pour le bénéfice de tous les acteurs locaux, déclare Alain Charlet, que ce soit pour les restaurants, les commerces ou les professionnels du nautisme et même la population ou les touristes, nous faisons en sorte que le bénéfice soit commun ».

Un budget serré mais des finances saines

La construction du port en 1988 a coûté 55 MF (env. 8 M€). L’emprunt a été renégocié deux fois pour permettre d’amener l’annualité à 470 K€, somme qui est portée à 600 K€ depuis la construction de la zone commerciale en bois en 2006. Le budget total du port qui est de 1,724 M€ supporte le remboursement des emprunts jusqu’en 2027. Malgré tout les finances sont saines puisque depuis 2008 aucun euro n’a été emprunté. La capitainerie et le bloc sanitaire ont été rénovés en 2010 sur fonds propres et des travaux ont été effectués sur les bâtiments de la zone commerciale pour des problèmes structurels.

Le port emploie 5 permanents et un emploi d’avenir, en saison un renfort de 3 jobs d’étudiants vient étoffer l’équipe.

Le blog de mes papiers dans Le Littoral

12 octobre, 2014

Le Littoral, un hebdo qui paraît le vendredi, dont je suis le correspondant pour Oléron Nord, c’est à dire pour  les communes de Saint-Georges d’Oléron, La brée-les-Bains et Saint-Denis d’oléron.

Je passe ici mes différents papiers avec un peu de retard afin de ne pas concurrencer le journal.

APsoleil

La renaissance du marais salant de l’Ileau

12 octobre, 2014

Publié le 15 février 2013

Abandonné depuis la première guerre mondiale à cause du décès au combat de son propriétaire, le marais salant de l’Îleau était devenu une friche. Histoire d’une reprise d’activité.

À cette époque le sel rapporte de moins en moins en raison de la modernisation des moyens de conservation des vivres grâce à la réfrigération entre autres. Ce sel qui servait à faire de la saumure ne trouve plus de marché. Certains de ces marais ont bien été transformés en claires pour l’ostréiculture, mais malgré tout beaucoup seront abandonnés. Marguerite Soudois a hérité du marais de l’Îleau il y a bien longtemps et elle le voit mourir doucement…

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Photo © DR

 Jean Pierre Deraedt est un saunier qui exploitait un petit marais salant du côté des Boulassiers à La Brée et produisait du sel et de la salicorne qu’il vendait sur les marchés. En 2001 Marguerite Soudois vient le voir et lui propose de réhabiliter le marais et de l’exploiter car elle souhaiterait le revoir faire du sel “avant de partir“.

La tâche est rude et Jean Pierre Deraedt qui a commencé à défricher et à creuser pour retrouver la base de glaise envisage de faire exécuter les travaux par l’UNIMA (Union des marais de la Charente-Maritime), mais le devis est trop élevé pour lui. Il propose donc à Marguerite Soudois de n’en exploiter qu’un quart mais celle-ci n’en démord pas et lui offre la réfection des 5 hectares du marais dont 2,3 pour la production par l’UNIMA. «  Depuis je l’appelle “ma petite fée“, dit Jean Pierre Deraedt avec affection, elle va au bout de son rêve et me permet de vivre le mien ».

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Photo © DR

Maintenant il faut produire

L’exploitation “le Grain de Sel“ démarrera en 2002 mais avec difficulté à cause des intempéries, cet été là, en effet, il n’a pas fait très beau temps. « Faire du sel a toujours été un coup de poker, révèle Jean Pierre Deraedt, année après année c’est la météo qui décide ». L’année suivante c’est la quinte flush, 2003 l’année de la canicule, le marais commence une vraie production et dans le même temps la clientèle d’estivants s’intéresse à ce sel artisanal. Petit à petit le Grain de Sel peut employer 3 sauniers* saisonniers et un temps plein pour exploiter correctement le marais. « Théoriquement le marais peut produire 80 tonnes de sel sur une excellente année, signale Jean Pierre Deraedt, mais il faut penser aux moins bonnes années et pour cela nous avons un stock tampon, nous évitons de tout vendre la même année » Le sel et la fleur de sel sont vendus sur les marchés, dont celui de la Brée, mais ne faites pas comme cette estivante qui ayant acheté de la fleur de sel est revenue mécontente l’année suivante au marais pour n’avoir pas réussi à faire pousser la moindre fleur dans son jardin !

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Photo © DR

Depuis maintenant plus de 10 ans que le marais est restauré et produit à nouveau, le rêve de Marguerite Soudois s’est réalisé pour sa plus grande joie !

Jean Pierre Deraedt fait visiter son marais du 15 juin au 15 septembre

*Saunier, ouvriers du marais en Charente-Maritime, le paludier l’est en Bretagne.

Le moulin patrimoine oléronais

10 octobre, 2014

Publié le 26 septembre 2014

Le moulin est au cœur d’un grand projet de réhabilitation patrimoniale qui fera revivre un site d’exception.

 Acheté en juillet 2012 par la Communauté de communes de l’île d’Oléron et la commune de La Brée-les-Bains, le moulin va faire l’objet d’une restauration à l’identique, du moins dans sa version de 1882. L’édifice dont l’existence est attestée par sa présence sur une carte de 1686 est présent dans des textes de 1736. Ce moulin qui n’a pas vu le moindre grain de blé depuis les années 30 a un grand avantage à être remis en fonction, la présence d’un mécanisme complet à l’intérieur. Le projet estimé à 350 000 € sera de reconstruire à l’identique toutes les pièces de meunerie, meules engrenages, axes et régulateurs, assortis de systèmes de sécurité. Le moulin dont les ailes étaient faites de vergues et de toile à ses débuts a été modernisé en 1882 avec la système Berton, une voilure à quatre ailes faite de planches que le meunier actionnait de l’intérieur pour en modifier la surface selon la force du vent. Le toit pivotant couvert de tuiles de châtaigner est actionné par un “guivre“, grande vergue descendant au sol relié à un cabestan. Il y a un peu de marine à voile dans la meunerie. Le bâtiment lui-même construit en moellon et pierre de taille en calcaire enduit de chaux, est dit à “onglets“, rétrécissement à chaque étage pour asseoir la structure et alléger les hauts. « Certains disent “moulin anglais“, explique Émilie Drouyer responsable du pôle musées et patrimoine, le moulin ayant été construit alors que les anglais occupaient l’île, il se peut que les deux termes se soient confondus ».

Moulin

Le moulin de La Brée a été très visité lors des journées du patrimoine. © S.M.

Le projet de la CdC, outre de remettre le moulin en fonctionnement à l’horizon 2017, est de recréer une activité de meunerie sur Oléron et de se servir du site qui comporte plusieurs bâtiments pour en faire la promotion. « Tout n’est pas encore bien établi, déclare Virginie Bodin responsable du projet à la CdC, le site pourrait accueillir une partie musée, une salle pédagogique orientée vers les scolaires, une boutique, un lieu de dégustation de produits conçu à partir de la farine produite ». Le cabinet AVEC, Agence de valorisation des établissements culturel, aide au projet pour la programmation et la faisabilité. Le meunier qui sera en charge du fonctionnement du site, le fera visiter et présentera son travail au public tout en assurant une production de 350 quintaux de farine. Il est aussi possible que des boulangers soient intégrés au projet.

Une petite histoire dans l’Histoire de la Grande guerre 1914-1918

10 octobre, 2014

Publié le 1er août 2014

Un blog* raconte l’histoire d’un couple séparé par la guerre à l’aide de notes, journaux et courriers retrouvés au fond d’une armoire.

 C’est l’exposition à la médiathèque de Saint-Denis commémorant le centenaire du début de la guerre de 14-18 qui a donné l’idée à Dominique Abit** d’ouvrir les armoires familiales contenant ses archives, « moi qui suit passionné de paléontologie, explique t-il, j’ai eu l’impression de faire de l’archéologie en fouillant dans tous ces papiers. Du matériel j’en ai trouvé, des documents datant du XVIIIe siècle à nos jours ». Dans cette collection de courriers, manuscrit, journaux, dessins et photos, il a extrait une histoire. Celle de Paul et Marthe Devin, (née Pingard), ses arrières grands parents, au moment de la première guerre mondiale. « Ce n’est pas un travail d’historien, signale Dominique Abit, j’ai retranscrit sans modification de vocabulaire ou de phrases les journaux et les échanges entre les époux Devin séparés par la guerre ainsi que leurs deux filles. Chacun est libre d’interpréter ce qu’il lit sur le blog ». Ce blog sera actualisé tous les deux ou trois jours du 1er août au 11 novembre 2014. Ces quatre mois seront l’équivalent des quatre années de guerre et de la vie de Paul et Marthe Devin.

Blog 14-18 1 Dominique Abit tient un des journaux de Marthe en photo sur l’écran derrière lui. © S.M.

Entre Sedan, Paris et Oléron

Après leur mariage en 1892, Paul et Marthe qui habitent Sedan ont deux filles, dont l’ainée, Élisabeth présente des carences en iode, élément essentiel à la croissance. En 1905, un ami médecin de Paul lui conseille d’envoyer sa fille à Saint-Denis pour des soins aérium, l’air iodé de l’océan est bon contre ces carences. L’effet est tellement efficace que Paul Devin y achète une maison en 1909 pour y laisser ses deux filles, la mère de Marthe et du personnel employé sur place. L’été 1914, toute la famille est à Saint-Denis quand la guerre est déclarée. Paul qui est aussi commandant des pompiers de Sedan est réserviste. Il a 54 ans et rejoint le 46e RTI, (régiment territorial et d’infanterie), à Reims où il est mobilisé. Les réservistes qui sont conservé en troisième ligne sont rapidement placés en première ligne où le manque de gradés se fait déjà sentir. En décembre 1914, un obus à shrapnels (rempli de billes d’acier), explose à proximité de Paul Devin. Grièvement blessé, il est évacué à l’hôpital de Verdun où il est amputé de la jambe gauche. Paul Devin termine ses soins dans un hôpital parisien puis passe la fin du conflit au ministère de la guerre jusque fin 1918.

Marthe Devin-Pingard laisse ses filles à sa mère à Saint-Denis et retourne à Sedan. Ayant dans sa jeunesse suivi des cours d’infirmière à l’hôpital de Sedan, elle adhère aux Dames françaises, une société affiliée à la Croix rouge et ouvre des ambulances (centres de soins) dans des locaux appartenant à la famille. Elle est aussi à l’origine de la création des jardins ouvriers de Sedan, les premiers de France. Rapidement, les allemands prennent Sedan. Le 25 août, Marthe se retrouve en territoire occupé et y restera séparée de son époux et de ses enfants jusqu’à la fin de la guerre. Les allemands ferment les ambulances, alors Marthe va s’occuper de l’orphelinat et des jardins ouvriers. Elle demande à l’occupant de pouvoir ouvrir une école chez elle et accueille les enseignants puisque le collège a été réquisitionné.

Blog 14-18 2Des lettres et un journal témoins d’une époque, remplis d’une belle écriture cursive. © S.M.

Otage en Allemagne

Janvier 1918, Marthe Devin qui fait partie des notables de Sedan est emmenée à Holzminden en Allemagne. Les allemands prennent des otages afin de s’assurer que leurs camarades prisonniers ne seront pas maltraités par les français. Bizarrement, à partir de ce moment la vie devient un tout petit peu plus facile pour Marthe. Les otages sont régulièrement pris en photo comme preuve de vie, des colis de la Croix rouge leur parviennent et l’autorisation de faire partir du courrier leur est accordée. Une censure est appliquée mais au moins ils peuvent donner de leurs nouvelles. Marthe écrit à son mari à Paris et à ses filles sur Oléron et reçoit des lettres en retour. Juillet 1918, elle est libérée et pourrait retrouver Paul son mari à Paris mais préfère retourner à Sedan pour apporter son aide à la population. Elle y restera jusqu’à la fin de la guerre. Paul et Marthe Devin se retrouvent à Paris fin 1918 et vivent entre Sedan et Oléron, puis à la retraite de Paul s’installent dans leur maison de Saint-Denis. L’air de l’océan qui a été profitable à leur fille Élisabeth a donné l’idée aux époux Devin de créer l’aérium de l’Ormeau de Saint-Denis après la guerre.

Blog 14-18 3Photo de Paul et Marthe Devin le jour de leurs fiançailles, colorisée par Dominique Abit. © D.A.

Le blog…

Les pages du blog sont composées des souvenirs de Paul Devin rédigés en 1916. Ils concernent la période d’août 1914 à janvier 1915. D’autres reprennent les carnets de guerre et journaux intimes de Marthe Devin d’août 1914 à janvier 1918 puis ses lettres jusqu’en novembre 1918. Le blog est aussi illustré de photographies et de dessins. Le président de la Société d’histoire et d’archéologie du Sedanais, Sébastien Haguette, déjà enthousiaste de cette initiative attend la suite avec impatience. Dominique Abit espère déjà qu’il en soit de même pour tous et que son compteur de visite augmente régulièrement.

http://regardici.fr/1914-2014

“Un homme à la mer“, on tourne sur Oléron

6 octobre, 2014

Publié le 20 juin 2014

L’île est un décor à elle seule, elle a inspiré la réalisatrice belge Géraldine Doignon pour y tourner une grande partie de son prochain long métrage jusqu’au 28 juin.

Ce film d’une heure trente qui sortira en 2015 raconte une histoire librement inspirée de la vie du frère de la réalisatrice dont le métier de biologiste marin consistait à disséquer des holothuries (concombre de mer) toute la journée sans jamais voir la mer. Passionnant direz-vous. Partant de là, Mathieu, biologiste, incarné par Yoann Blanc, du fond de son laboratoire bruxellois ne voit jamais la mer, lui qui a pour passion les requins. Sa vie avec Juliette, danseuse passionnée lui semble aussi fade que son travail. Il profite d’une fugue de Christine sa belle-mère, jouée par Jo Deseure, pour aller la retrouver dans une grande maison au bord de l’océan. Ce voyage devient initiatique et l’histoire montre une amitié atypique et singulière qui va lier un jeune homme de trente ans à une femme mûre dont il admire l’esprit de liberté inopiné. Le film est émaillé de rencontres comme celle de Nicole, l’amie oléronaise de Christine, jouée par Christine Merville et sa fille Anaïs jouée par la jeune Joséphine Stoll. Elles accueillent la belle-mère dans leur maison oléronaise. C’est sur l’île, loin de leurs familles et exilés de tout que les deux protagonistes, Mathieu et Christine, vont ensemble se comprendre et partager le désir de reprendre leurs vies en main.

Film 1

Géraldine Doignon aux petits soin de son second rôle féminin Joséphine Stoll. © SM

Le cinéma sait fabriquer sa propre réalité. Ainsi à l’hôtel des Dauphins à Chassiron où une chambre a été mise à disposition pour le tournage, ce sont des scènes de nuit qui sont tournées en plein jour. Une immense bâche sert à occulter toutes les ouvertures d’une partie de l’édifice et créé une nuit artificielle. À l’intérieur le tournage se fait en lumière naturelle, aucun projecteur n’apporte quelque lumière supplémentaire. Au bar, où une nouvelle scène est filmée, l’ambiance lumineuse est atténuée en masquant les éclairages par du papier calque. La caméra numérique très moderne permet une grande sensibilité aux faibles éclairage. « Silence, lance l’assistant réalisateur, 3, 2, 1, moteur, action », le chef opérateur qui cadre avec la caméra s’approche doucement du bar, suivi du perchman qui prend le son, le figurant barman accueille Mathieu qui arrive avec son bagage et demande une chambre, « coupez ! ». Géraldine Doignon a suivi la scène sur un moniteur de contrôle et prévoit quelques ajustements d’attitudes des acteurs. « On la refait », lance t-elle doucement. Pas besoin de parler fort, toute l’équipe est munie d’une petite radio avec oreillette pour communiquer, ainsi tout le monde est au courant en même temps de ce qui se passe sur le plateau.

Film 5

Géraldine Doignon, au premier plan, en tournage extérieur. © SM

La jeune réalisatrice belge francophone de 36 ans a pu trouver sur Oléron les lieux qui conviennent pour les deux tiers de son tournage. Ce qu’elle aime c’est sa lumière et son horizon dégagé. « Je connaissais l’île d’Oléron et son côté authentique, explique t-elle, les paysages naturels et préservés ses éclairages particuliers, le vent, la mer. J’y suis venue en repérage pour y trouver les lieux où tourner, mais aussi sur le continent comme à Fouras par exemple ». Avec l’envie de devenir cinéaste depuis l’âge de quinze ans, Géraldine Doignon, sortie en 2000 de l’Institut des Arts de Diffusion, une école d’enseignement supérieure des arts en Belgique, elle enchaîne plusieurs courts métrage dont “Trop jeune“ qui, en 2003, obtient le Grand Prix au festival de Bruxelle avant d’être sélectionné à Clermont-Ferrand et au FIPA, et “Comme personne“ présenté au festival de Namur en 2006. Son premier long métrage, “De leur vivant“ a reçu un bon accueil critique et à voyagé à Montréal et à São-Paulo. Réalisatrice pour la Radio télévision belge francophone, elle signe des émissions culturelles dont “Ma terre“ l’équivalent des “Racines et des ailes“ de France 3.

Film 8

Tournage en extérieur dans la campagne oléronaise. © SM

Les personnages d’Anaïs et de Nicole ont été repérés par Émilie Gauthier, oléronaise de Domino lors d’un casting à La Rochelle où Joséphine Stoll est en première dans un lycée à La Rochelle où elle suit des cours de théâtre. Une dizaine de  techniciens de la petite équipe d’une trentaine de personnes, au maquillage, à l’habillage, ou à la prise de son sont issus de la région. Le Conseil régional Poitou-Charente avec le Conseil général de Charente-Maritime ont accordé leur soutient à la réalisation. “Un homme à la mer“, un film dont on suppose qu’il sera projeté à L’eldorado à Saint-Pierre l’an prochain.

Monotype des pertuis, le projet avance…

2 octobre, 2014

Publié le 2 mai 2014

Parmi 5 architectes ce sont les plans de Jean-François Garry qui ont été choisi par les promoteurs du projet.

 Lancé par l’association Patrimoine Naviguant en Charente-Maritime (PNCM) au début de l’année, le projet de construction d’un Monotype des pertuis suit son calendrier (1). La remise des plans qui a eu lieu le 31 mars dernier a permis de choisir un voilier d’aspect traditionnel d’une conception utilisant certains matériaux modernes, le contre-plaqué époxy qui facilite l’entretien. Des 5 plans proposés, un n’était pas abouti, deux furent jugés trop extrêmes et un très compliqué à concevoir. Les plans de Jean-François Garry ont été jugés mieux positionnés sur le projet. Porte parole du projet au sein de PNCM, Jean-François Garenne l’atteste, « l’esprit c’est plus celui du Vaurien ou de la Caravelle plutôt que des beaux vernis, c’est l’utilisation qui en fait l’intérêt ainsi que la facilité d’entretien ». Le bateau choisi sera doux à la navigation grâce à un double bouchain, (forme de la coque), qui facilite aussi la construction. Un ballast central de 220 litres permet d’évoluer en choisissant un comportement sportif s’il est vide ou plus calme s’il est rempli, il est facile à vidanger par gravité ou en navigation avec une pompe manuelle. « Les plans sont actuellement étudiés pour simplifier la construction du prototype et en fixer une méthode, explique Jean-François Garenne, il faut aussi affiner le devis de poids, échantillonner les matériaux et appliquer des données encore théoriques ». Ce qui est actuellement défini, c’est que le voilier sera homologué en catégorie C, c’est à dire navigation jusqu’à force 6 dans une mer de 2 mètres de creux maximum. Pouvant embarquer 4 équipiers, il mesure 17 pieds et a une voilure de 17 m2 (hommage au département), sera dériveur intégral et pourra se poser grâce à deux quilles d’échouage. Il est prévu insubmersible et d’un poids lège de 280 kilos. Le gréement sera en bois de type sloop à houari (voir le dessin), qui a l’avantage de posséder un mât court ne dépassant pas excessivement du tableau arrière une fois celui-ci baissé.

La construction va débuter en mai, en prenant son temps, « afin d’être sûr d’avoir tout éprouvé et de nous conformer au cahier des charges, indique Jean-François Garenne, il se peut que le Monotype des pertuis soit présenté au Grand Pavois en septembre mais nous n’en faisons pas une obligation ».

dessin monotype

 Le futur Monotype des pertuis (dessin d’artiste) © J.F. Garry.

Un projet de Monotype des pertuis est à l’étude

2 octobre, 2014

Publié le 3 janvier 2014

Un petit voilier de facture traditionnelle va voir le jour au cours de l’an prochain dans les pertuis charentais. Des monotypes existent sur des plans d’eau comme la baie de Morlaix, le golfe du Morbihan ou le bassin d’Arcachon. Ici, dans les pertuis, cela manque.

 

L’association Patrimoine Navigant en Charente Maritime basée à Royan est un collectif rassemblant une vingtaine d’associations ainsi que des propriétaires privés qui naviguent sur des bateaux traditionnels et au moins 200 sympathisants. PNCM compte environ 80 bateaux qui animent des manifestations de voile traditionnelle comme la Remontée de la Seudre tous les ans en aout, ou participe aux grands rassemblements nationaux comme la Semaine du Golfe du Morbihan tous les ans en mai. Depuis 2003 l’association coordonne le calendrier des manifestations de bateaux traditionnels dans la région, des Sables d’Olonne jusqu’au Pays basque. Jean-François Garenne, patron du voilier Lola of Skagen basé à Saint-Denis d’Oléron est porte parole du projet, « le manque d’un monotype des pertuis charentais est flagrant, déclare t-il, la navigation traditionnelle est très présente sur notre plan d’eau mais Il faudrait un petit bateau susceptible, par son esthétique, sa conception, son gréement, de s’intégrer aux paysages maritimes du littoral charentais et plaire à un public aimant la voile traditionnelle ». L’idée à peine lancée, il se crée un enthousiasme pour ce nouveau bateau tant au niveau du public qu’au niveau des chantiers depuis son lancement au salon nautique de Paris. Le concept est facile à comprendre, proposer un voilier simple, utilisable pour la randonnée et la promenade, mais aussi performant pour participer à des régates conviviales. Un bateau accessible au plus grand nombre, d’un budget restreint, tant pour la construction que pour l’entretien.

Guépards 2

 À l’instar de ces Guépards du golfe du Morbihan, les pertuis auront leur Monotype. © SM

Un projet dont le cahier des charges existe déjà

Sur le papier le projet est avenant. Le cahier des charges qui a été transmis à quatre architectes consultants propose donc un voilier simple de 17 pieds (comme 17 le n° du département), soit environ 5,20 mètres, pas plus de 300 kg et d’une mise en œuvre très facile. « Nous allons faire en sorte que la préparation du bateau et sa mise à l’eau ne prenne pas plus de cinq minutes, explique Jean-François Garenne, la conception sera compliquée mais c’est pour mieux simplifier l’utilisation. Chaque point sera étudié sur les plans, la facilité à mâter, la possibilité d’échouer, la mise à l’eau avec une remorque adaptée, nous pensons aussi au stockage du bateau, sous taud dans un jardin, le rangement des espars* ». D’autres idées sont dans l’air comme l’utilisation du bois comme matériau de construction, l’insubmersibilité et le cockpit auto-videur. L’association PNCM a lancé le projet avec des architectes mais chacun peut participer à la conception et proposer des idées, le cahier des charges est disponible sur son site internet**.

 

 

Photo by Best DSC!

 Photo © SM

Un premier bateau pour 2014 ?

Un calendrier a été mis en place pour l’avancement du programme. Si les avant projets sont attendus au plus tard le 22 janvier, la décision du plan choisi sera communiquée le 14 février aux participants et les plans seront disponibles le 31 mars. S’en suivra une période de construction d’un prototype par une équipe de bénévoles de PNCM jusqu’en août, les premiers essais en septembre et la présentation publique au Village Bois du Grand Pavois 2014. « Il est possible qu’au cours de la construction les plans évoluent, indique Jean-François Garenne, mais dès que nous seront satisfait du prototype, que nous serons sûrs que toutes nos idées ont été mises en œuvre et à l’épreuve, les plans seront déposés et les caractéristiques du Monotype des pertuis seront précisées dans une jauge ».

Le financement du prototype sera assuré par les fonds propres mais limités de PNCM. Le collectif fera aussi appel aux dons et souscriptions avec possibilité de déduction en cas d’achat des plans, ainsi qu’a des subventions des collectivités territoriales. C’est un joli projet que voilà, à l’instar des Caravelles de la baie de Morlaix, des Guépards du golfe du Morbihan ou des Monotypes du bassin d’Arcachon, le littoral charentais va enfin avoir son Monotype des pertuis.

* Les éléments du gréement

** www.pncm.fr

Sortie sur l’estran avec le CPIE* Iodde

1 octobre, 2014

Publié le 12 septembre 2014

Pour ses dix ans, Iodde a proposé des conférences et sorties nature. Samedi 6 septembre, chacun était convié sur l’estran à Chassiron.

Estran de Chassiron

Photo © SM

Une douzaine de personnes étaient présentes, motivées malgré l’heure matinale de ce rendez-vous donné à huit heures pour profiter d’une marée basse de coefficient moyen. C’est à la pointe de Chassiron entre deux écluses à poisson, la Vieille longe et les Jeunes pointes que la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) a accordé une concession scientifique à l’université de La Rochelle entre 2006 et 2010. Ce petit morceau d’estran a permis à Iodde et à différents chercheurs d’y faire un inventaire patrimonial du vivant au résultat presque exhaustif. Ce sont environ 400 espèces différentes, algues et animaux, qui ont été comptabilisées sur le benthique (sur le fond de roches). Plusieurs études ont eu lieu dont une dans le cadre de la pêche à pied et une autre sur les algues locale. Jacques Pigeot, président de Iodde depuis 2010, enseignant chercheur à la retraite en biologie marine à l’université de La Rochelle encadrait la sortie pédagogique. « Une des études portait sur la perturbation du milieu marin par l’activité humaine, explique le scientifique, il peut y avoir 30 % de perte d’espèces par retournement des pierres non remises en place. Mais nous nous sommes aperçu de la bonne santé du milieu qui peut se reconstituer en deux années ». Ce sont les algues qui en sont les indicateurs, toutes comestibles, d’une beauté esthétique telle que le chercheur s’est confectionné un “alguier“ comme d’autres se font des herbiers. Une artiste qui a exposé à la Maison de la pointe proposait même des tableaux créés à partir d’algues. « Un peu plus bas vers le large se trouvent des champs de laminaires, indique Jacques Pigeot, mais nous pouvons y constater la disparition de deux variétés ce qui est une indication du réchauffement de nos eaux. Elles sont encore présentes vers l’île de Ré et plus au nord, ce sont des algues qui aiment l’eau froide ».

Sortie Iodde

Photo © SM

Petits crustacés, vers, gastéropodes, nudibranches, arthropodes, tout ce petit monde à l’abri sous les roches ou les pierres ont permis de découvrir que l’estran est d’une incroyable richesse à l’instar de la Bretagne. Iodde dans sa démarche éducative permet à chacun de s’approprier une connaissance de ce territoire qui apparaît et disparaît deux fois par jour et de penser à en prendre soin.

*Centre permanent d’initiative à l’environnement.

www.iodde.org

Chassiron, une “bougie sur un gâteau“

1 octobre, 2014

Publié le 16 mai 2014

Outre son utilité pour la navigation, le phare de Chassiron et ses jardins sont le site incontournable du “bout du monde“ comme on nomme la pointe de l’île d’Oléron.

Sémaphore et phare

Photo ©SM 

La “bougie“, à l’origine une tour à deux feux datant de 1685 indique l’entrée du pertuis d’Antioche. Le phare de Chassiron est un des trois premiers phares construit en France avec les Baleines au nord et Cordouan au sud. Le phare actuel, construit en deux ans, a été mis en service en 1836. Les rayures horizontales permettent de le distinguer facilement de jour. La nuit, c’est une ampoule de 250 watts à 46 mètres qui fait un éclat blanc toutes les dix secondes, visible à 52 km. La visite se fait après une montée de 224 marches qui mènent sur un balcon à 39,5 mètres. Le “gâteau“, c’est la rotonde au pied du phare qui, avec deux logements sur deux niveaux, hébergeait deux gardiens et leurs familles jusqu’en 1998. Depuis il est télécontrôlé à partir de La Rochelle.

Phare

Photo ©SM 

Des projets pour obtenir la délégation

C’est Roger Bithonneau ancien maire de Saint-Denis qui, pour obtenir la Délégation de service public (DSP), lança le projet des grand jardins. Deux dessins ont été proposés, soit un gigantesque cadran solaire avec l’ombre du phare pour indiquer l’heure, ou une rose des vents. C’est cette dernière qui a été choisie. Depuis avril 2007, le jardin accueille différentes plantation présentes sur l’île, une vigne et ses trois cépages, un potager, accompagné par des aromates et des arbres fruitiers. Une autre partie présente un jardin contemporain de plantes originaires du monde entier, de petits bassins sont ornementés d’espèces aquatiques. Un parcours de découverte de l’histoire du phare jalonne les jardins avec des bornes informatives. Le jardin est d’accès aisé pour les quatre handicaps, (label tourisme et handicap), depuis sa création en 2007, il a reçu deux autres récompenses, la Victoire d’or du paysage et celle du Jardin remarquable.

La travée d’accès au phare longue de 150 mètre est balisée de plusieurs panneau donnant tout l’historique du phare depuis son origine à nos jours.

Un musée vivant

Un autre projet s’est ouvert à la même époque dans les anciens logements, un musée vivant avec une scénographie de parcours spectacle illustré par l’histoire d’un jeune naufragé échoué sur la pointe de Chassiron qui devra sa survie par l’apprentissage des différentes technique de pêche locales, mais aussi par celui de l’agriculture. Le parcours de 26 minutes permet de suivre son histoire au travers de films, de témoignages et l’exposition de maquettes et d’objets authentiques. Le musée est accessible à deux handicaps.

Dominique Abit adjoint du patrimoine, employé par la commune est chargé de la DSP. Son rêve serait d’accueillir à Chassiron un centre d’interprétation de la nature, de la biodiversité, de paléontologie et de géologie, des paysages et même un aquarium de faune locale. « Ici à Chassiron où tout est prévu pour accueillir du public ce serait l’endroit idéal, déclare t-il. Un rêve inaccessible ? En tout cas le site est déjà remarquable et a reçu plus de 160 000 visiteurs en 2013 sans compter le jardin dont l’accès est gratuit.

www.chassiron.net