“Un homme à la mer“, on tourne sur Oléron

Publié le 20 juin 2014

L’île est un décor à elle seule, elle a inspiré la réalisatrice belge Géraldine Doignon pour y tourner une grande partie de son prochain long métrage jusqu’au 28 juin.

Ce film d’une heure trente qui sortira en 2015 raconte une histoire librement inspirée de la vie du frère de la réalisatrice dont le métier de biologiste marin consistait à disséquer des holothuries (concombre de mer) toute la journée sans jamais voir la mer. Passionnant direz-vous. Partant de là, Mathieu, biologiste, incarné par Yoann Blanc, du fond de son laboratoire bruxellois ne voit jamais la mer, lui qui a pour passion les requins. Sa vie avec Juliette, danseuse passionnée lui semble aussi fade que son travail. Il profite d’une fugue de Christine sa belle-mère, jouée par Jo Deseure, pour aller la retrouver dans une grande maison au bord de l’océan. Ce voyage devient initiatique et l’histoire montre une amitié atypique et singulière qui va lier un jeune homme de trente ans à une femme mûre dont il admire l’esprit de liberté inopiné. Le film est émaillé de rencontres comme celle de Nicole, l’amie oléronaise de Christine, jouée par Christine Merville et sa fille Anaïs jouée par la jeune Joséphine Stoll. Elles accueillent la belle-mère dans leur maison oléronaise. C’est sur l’île, loin de leurs familles et exilés de tout que les deux protagonistes, Mathieu et Christine, vont ensemble se comprendre et partager le désir de reprendre leurs vies en main.

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Géraldine Doignon aux petits soin de son second rôle féminin Joséphine Stoll. © SM

Le cinéma sait fabriquer sa propre réalité. Ainsi à l’hôtel des Dauphins à Chassiron où une chambre a été mise à disposition pour le tournage, ce sont des scènes de nuit qui sont tournées en plein jour. Une immense bâche sert à occulter toutes les ouvertures d’une partie de l’édifice et créé une nuit artificielle. À l’intérieur le tournage se fait en lumière naturelle, aucun projecteur n’apporte quelque lumière supplémentaire. Au bar, où une nouvelle scène est filmée, l’ambiance lumineuse est atténuée en masquant les éclairages par du papier calque. La caméra numérique très moderne permet une grande sensibilité aux faibles éclairage. « Silence, lance l’assistant réalisateur, 3, 2, 1, moteur, action », le chef opérateur qui cadre avec la caméra s’approche doucement du bar, suivi du perchman qui prend le son, le figurant barman accueille Mathieu qui arrive avec son bagage et demande une chambre, « coupez ! ». Géraldine Doignon a suivi la scène sur un moniteur de contrôle et prévoit quelques ajustements d’attitudes des acteurs. « On la refait », lance t-elle doucement. Pas besoin de parler fort, toute l’équipe est munie d’une petite radio avec oreillette pour communiquer, ainsi tout le monde est au courant en même temps de ce qui se passe sur le plateau.

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Géraldine Doignon, au premier plan, en tournage extérieur. © SM

La jeune réalisatrice belge francophone de 36 ans a pu trouver sur Oléron les lieux qui conviennent pour les deux tiers de son tournage. Ce qu’elle aime c’est sa lumière et son horizon dégagé. « Je connaissais l’île d’Oléron et son côté authentique, explique t-elle, les paysages naturels et préservés ses éclairages particuliers, le vent, la mer. J’y suis venue en repérage pour y trouver les lieux où tourner, mais aussi sur le continent comme à Fouras par exemple ». Avec l’envie de devenir cinéaste depuis l’âge de quinze ans, Géraldine Doignon, sortie en 2000 de l’Institut des Arts de Diffusion, une école d’enseignement supérieure des arts en Belgique, elle enchaîne plusieurs courts métrage dont “Trop jeune“ qui, en 2003, obtient le Grand Prix au festival de Bruxelle avant d’être sélectionné à Clermont-Ferrand et au FIPA, et “Comme personne“ présenté au festival de Namur en 2006. Son premier long métrage, “De leur vivant“ a reçu un bon accueil critique et à voyagé à Montréal et à São-Paulo. Réalisatrice pour la Radio télévision belge francophone, elle signe des émissions culturelles dont “Ma terre“ l’équivalent des “Racines et des ailes“ de France 3.

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Tournage en extérieur dans la campagne oléronaise. © SM

Les personnages d’Anaïs et de Nicole ont été repérés par Émilie Gauthier, oléronaise de Domino lors d’un casting à La Rochelle où Joséphine Stoll est en première dans un lycée à La Rochelle où elle suit des cours de théâtre. Une dizaine de  techniciens de la petite équipe d’une trentaine de personnes, au maquillage, à l’habillage, ou à la prise de son sont issus de la région. Le Conseil régional Poitou-Charente avec le Conseil général de Charente-Maritime ont accordé leur soutient à la réalisation. “Un homme à la mer“, un film dont on suppose qu’il sera projeté à L’eldorado à Saint-Pierre l’an prochain.

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