La renaissance du marais salant de l’Ileau

Publié le 15 février 2013

Abandonné depuis la première guerre mondiale à cause du décès au combat de son propriétaire, le marais salant de l’Îleau était devenu une friche. Histoire d’une reprise d’activité.

À cette époque le sel rapporte de moins en moins en raison de la modernisation des moyens de conservation des vivres grâce à la réfrigération entre autres. Ce sel qui servait à faire de la saumure ne trouve plus de marché. Certains de ces marais ont bien été transformés en claires pour l’ostréiculture, mais malgré tout beaucoup seront abandonnés. Marguerite Soudois a hérité du marais de l’Îleau il y a bien longtemps et elle le voit mourir doucement…

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 Jean Pierre Deraedt est un saunier qui exploitait un petit marais salant du côté des Boulassiers à La Brée et produisait du sel et de la salicorne qu’il vendait sur les marchés. En 2001 Marguerite Soudois vient le voir et lui propose de réhabiliter le marais et de l’exploiter car elle souhaiterait le revoir faire du sel “avant de partir“.

La tâche est rude et Jean Pierre Deraedt qui a commencé à défricher et à creuser pour retrouver la base de glaise envisage de faire exécuter les travaux par l’UNIMA (Union des marais de la Charente-Maritime), mais le devis est trop élevé pour lui. Il propose donc à Marguerite Soudois de n’en exploiter qu’un quart mais celle-ci n’en démord pas et lui offre la réfection des 5 hectares du marais dont 2,3 pour la production par l’UNIMA. «  Depuis je l’appelle “ma petite fée“, dit Jean Pierre Deraedt avec affection, elle va au bout de son rêve et me permet de vivre le mien ».

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Maintenant il faut produire

L’exploitation “le Grain de Sel“ démarrera en 2002 mais avec difficulté à cause des intempéries, cet été là, en effet, il n’a pas fait très beau temps. « Faire du sel a toujours été un coup de poker, révèle Jean Pierre Deraedt, année après année c’est la météo qui décide ». L’année suivante c’est la quinte flush, 2003 l’année de la canicule, le marais commence une vraie production et dans le même temps la clientèle d’estivants s’intéresse à ce sel artisanal. Petit à petit le Grain de Sel peut employer 3 sauniers* saisonniers et un temps plein pour exploiter correctement le marais. « Théoriquement le marais peut produire 80 tonnes de sel sur une excellente année, signale Jean Pierre Deraedt, mais il faut penser aux moins bonnes années et pour cela nous avons un stock tampon, nous évitons de tout vendre la même année » Le sel et la fleur de sel sont vendus sur les marchés, dont celui de la Brée, mais ne faites pas comme cette estivante qui ayant acheté de la fleur de sel est revenue mécontente l’année suivante au marais pour n’avoir pas réussi à faire pousser la moindre fleur dans son jardin !

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Depuis maintenant plus de 10 ans que le marais est restauré et produit à nouveau, le rêve de Marguerite Soudois s’est réalisé pour sa plus grande joie !

Jean Pierre Deraedt fait visiter son marais du 15 juin au 15 septembre

*Saunier, ouvriers du marais en Charente-Maritime, le paludier l’est en Bretagne.

Une Réponse à “La renaissance du marais salant de l’Ileau”

  1. powerdom dit :

    « mais ne faites pas comme cette estivante qui ayant acheté de la fleur de sel est revenue mécontente l’année suivante au marais pour n’avoir pas réussi à faire pousser la moindre fleur dans son jardin ! »

    excellent (°_-)

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