Archive pour novembre, 2014

L’entrainement de choc des ânes oléronais

13 novembre, 2014

Publié le 12 avril 2013

Tous les ans à Pâques, la ferme aux ânes de Chéray organise un entrainement en vue du Concours d’Utilisation de la Fédération Française des Ânes et Mulets.

 La Ferme aux Ânes de Chéray créée en 2011 a pour origine “les Ânes d’Oléron“ qui est une entreprise de tout juste 5 ans ayant pour vocation la sauvegarde, la promotion et la valorisation des races asines et surtout celle des Baudets du Poitou. Les Concours d’Utilisation ont été mis en place pour permettre aux éleveurs de montrer la qualité de leurs animaux. Il existe 7 races d’ânes en France et autant de concours, tous organisés par la Fédération Française des ânes et mulets. Des différents concours prévus dans les régions, une finale aura lieu au salon du cheval à Lyon en novembre.

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Nicolas et Ulysse l’étalon © S.M.

Des épreuves de docilité, maniabilité, traction.

Nicolas Séguier qui gère la Ferme aux Ânes de Chéray et les Ânes d’Oléron a organisé cet entrainement qu’il a appelé Journées d’Oléron 2013, et fait venir des ânes de plusieurs horizons dont certains de l’Asinerie de Dampierre-sur-Boutonne. Il est prévu que les ânes de 2 ans porteront un bât et des sacs vides alors que les 3 et 4 ans auront une charge de 50 Kg. Il faut savoir qu’un âne de moins de 5 ans n’est pas encore suffisamment éduqué pour un travail de précision. Un parcours tournoyant dans un pré a été arrangé de façon à proposer 9 stations de travail aux animaux menés par leur ânier. Les règles sont strictes, le parcours est supervisé par trois arbitres qui notent les ânes sur chaque station. Tout commence par la présentation au jury, juchés sur une petite butte, l’ânier décline son nom et le nom de l’animal. Puis le parcours commence par le passage par un petit gué entre deux cônes de chantier surmontés d’une boule de plastique à ne surtout pas faire tomber. S’ensuit un passage sur un chemin étroit symbolisé par un tapis de caoutchouc ainsi que deux cônes avec boules, puis plus loin l’âne doit s’arrêter entre quatre cônes et ne plus bouger pendant dix secondes. On continue en direction d’un passage de pont en bois, les animaux étant impressionnés par le fait de devoir monter une marche pour se retrouver perchés sur une suite de rondins qui les déstabilisent dans leur démarche, « l’ânier doit faire preuve d’une grande concentration, déclare Nicolas Séguier, l’âne le sent et ne suivra pas son maître si celui-ci est dissipé. Ces animaux sont jeunes et pas encore complètement éduqués ce qui ne rend pas la tâche facile ». Voyant cela on pourrait penser que les ânes sont des animaux peureux alors que l’on s’aperçoit qu’en fait il sont très prudents. Les stations suivantes le prouveront, passage dans un chemin de pneus, sous une arche pourvue de lanières de plastique qui volent au vent, obstacle surprise (un chien qui surgit, un parapluie qui s’ouvre), les ânes ne satisferont pas toujours aux exigences du parcours.

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De la patience pour le meneur © S.M.

Une ferme créée pour le plaisir de tous et la sauvegarde de l’âne

Après avoir fait tourner ses ânes en promenades touristiques sur les sites de la citadelle du Château d’Oléron et du phare de Chassiron de 2008 à 2011, Nicolas Séguier décide de regrouper son activité en créant sa Ferme aux Ânes à Chéray. Promenade à dos d’âne ou en attelage sur le site de la ferme, cela ne l’empêche pas de proposer ses activités auprès des camping ou lors de marchés locaux. À ceci s’ajoutent des randonnées “pique-nique“ vers les plages, bref une grande diversité d’activités ludiques et pédagogique envers le public, estivant, enfants des écoles et aussi handicapés avec l’aide du centre Hélio-marin de Lannelongue.

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De la discipline pour l’âne © S.M.

Avec ses 40 ânes dont la moitié sont des Ânes du Poitou et l’autre des ânes communs, Nicolas Séguier avec sa ferme préserve la race locale en suivant le Plan de Sauvegarde de l’association de race. Il loue donc actuellement un reproducteur aux Haras Nationaux de Saintes dont la tâche sera de pourvoir aux futures naissances au sein de la ferme. Ulysse, car c’est son nom, une fois son devoir accompli, repartira chez lui pour éviter qu’il saillisse une de ses filles, et sera remplacé par un autre dans le but de préserver la diversité génétique au sein du troupeau. Afin de conserver un cheptel de la même importance, certains ânes sont promis à la vente, éduqués ou non, « mais une des spécialités de la Ferme aux Ânes est la vente d’ânes de travail », affirme Nicolas Séguier.

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Quand âne pas vouloir, âne faire ainsi ! © S.M.

Pour justifier la préservation des ânes, il faut qu’ils soient “utiles“

S’ajoutant aux activités ludiques et touristiques, la ferme développe son implication dans la protection à l’environnement en mettant ses ânes à disposition pour le nettoyage des dunes dans le cadre du retour à la traction animale, projet porté par le Conseil Général de Charente-Maritime, (voir Le Littoral du 5 avril dernier). « L’ensemble de ces activités a pour but de sauvegarder la race locale des Baudets du Poitou, souligne Nicolas Séguier, les Concours d’Utilisation sont là pour permettre aux éleveurs de montrer la qualité de leurs animaux ». L’intérêt de cette “première“ était de s’organiser pour prévoir un entrainement plus important l’année prochaine au moment du week-end de Pâques.

3 jours de compétition debout sur une planche

4 novembre, 2014

Publié le 14 juin 2013

La quatrième épreuve de coupe du monde de stand up paddle qui s’est déroulée sur l’île d’Oléron aux Huttes a été un grand moment de sport malgré un programme raccourci.

Damné printemps qui ne sait plus où il habite, bien présent vendredi 7 au moment des confirmations d’inscriptions et des entrainements, il laissait la clé sur la porte et dès la nuit partait sans rien dire montrer son soleil ailleurs. La présence de Kai Lenny l’hawaïen champion du monde en titre n’y changera rien. Les orages de la nuit de vendredi à samedi obligèrent les organisateurs à modifier le programme. Le “boss“ de l’organisation, Didier Lafitte, directeur de l’Office du tourisme de La Brée et de Diabolo Fun l’expliquait, la mort dans l’âme,  aux coureurs lors d’un premier “briefing“ samedi matin à 11 heures, « la dépression est juste sur nous, les rotations du vent risquent d’être assez violentes, l’orage n’est pas loin, le grand raid de 30 kilomètres doit être annulé ». En lien permanent avec un météorologue, il reportait le briefing à 14 heures pour prendre une décision. Le danger est bien l’orage et la foudre qui aurait pu atteindre les coureurs debouts sur leurs planches comme autant d’antennes tenant en leurs mains la pagaie en carbone très conductrice d’électricité. Pour détendre l’atmosphère, Christophe Colussi l’animateur micro reprenait tous le discours en taïwanais, faisant référence aux douze nationalités présentes et se moquant du fait que toutes les explications sont données en anglais, internationalité oblige. Plus de 70 coureurs inscrit de 12 nationalités différentes étaient présents.

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Kai Lenny, champion du monde de stand up paddle. © S.M.

Une grande course réduite

À 14 heures, la décision est prise de lancer un départ dans la baie des pilotes devant les Huttes. Le parcours annulé aurait dû partir de Saint-Denis, contourner le fort Boyard et finir au fort Louvois. Le vent s’est un peu levé dans le noroit mais la houle n’est pas très forte, les orages se sont éloignés, un départ va pouvoir être donné à 15 heures pour un raid de 10 kilomètres, deux tours entre deux bouée dans l’axe du vent. Les watermen, comme ils s’appellent entre eux s’échauffent sur la plage, les épaules, les genoux sont très sollicités.

Arrivée d'un heat 12

Connor Baxter vainqueur final à Oléron. © S.M.

« Je me sens bien, je n’ai pas la pression, confie Kai Lenny le tenant du titre mondial, beaucoup ici peuvent gagner ». Les 72 “paddle boarders“ avec parmi eux 9 femmes s’alignent face à la mer. Annabel Anderson, la néo-zélandaise championne du monde est favorite du groupe féminin, « mais au niveau des meilleurs garçons, révèle Thomas Hébert un jeune qui débute dans le circuit, elle est capable d’être au niveau de Kai ou de Connor son grand rival ». Tout le monde se connaît et s’appelle par son prénom.

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Annabel Anderson championne du monde de stand up paddle. © S.M.

La course est lancée face au vent et à une mer clapoteuse “l’upwind“ demandant de grands efforts physiques, et une fois la première bouée contournée, vent arrière le “downwind“, où les talents s’expriment pour prendre au mieux les vagues et accélérer en planant. « Le plan d’eau était difficile déclare Kai Lenny vainqueur à l’arrivée, j’ai mis un certain temps à entrer dans le rythme, mais rapidement j’ai pu contrer le clapot pénible » Impressionnante Annabel Anderson termine sixième au milieu des garçons et première femme. Le jeune Thomas Hébert, 17 ans fait part de ses impressions « Le clapot était assez terrible en “upwind“, la planche avait tendance à s’arrêter à chaque vaguelette, il fallait mettre toute la puissance. Malgré tout je ne pense pas avoir assez mis de moi-même, à l’arrivée je ne me sentais pas suffisamment fatigué ». L’apprentissage de la course, il finit 33e.

À la bouée 1

Passage à la bouée. © S.M.

Le dimanche les courses s’enchaînent

Dimanche matin avec un public de plus en plus présent, le programme continue mais sur un mode différent. Trois bouées sont mouillées en triangle, les courses s’appellent des “heats“, et, par série de huit coureurs par poule, ils s’affrontent sur des “runs“ très courts, moins de dix minutes. De quart de finale à finale, le niveau et la pression montent, mais les concurrents restent très “fair play“. Les femmes qui sont 9 seront départagées en comptant les points sur deux courses, et même deux ex aequo referont une course à elles seules. La meilleure française, Olivia Piana finit troisième derrière Angela Jackson l’australienne et Annabel Anderson victorieuse. Chez les garçons, c’est Connor baxter en forme cette saison qui remporte la compétition, suivi par Kai Lenny, deux jeunes d’à peine vingt ans. Le premier français, Arthur Arutkin qui est dixième, a moins de seize ans, prometteur…

Lors des dédicaces qui suivront, nombre de jeunes oléronais ont pu approcher leurs idoles et repartir avec des posters signés. Christophe, l’animateur, a même réussi à faire avouer un “I love you“ d’une très jeune demoiselle à un Kai Lenny hilare. C’est dans cette très bonne ambiance qu’a suivi la remise des prix en présence de Michel Parent conseiller général de Charente-Maritime et Lionel Pacaud de la maison du tourisme du pays Marennes-Oléron. Une prime de 10 000 $ a été partagée entre les cinq premiers garçons et les trois premières filles. Des lots ont été distribués aux sportifs mais aussi au public présent pour le plaisir de tous.