3 jours de compétition debout sur une planche

Publié le 14 juin 2013

La quatrième épreuve de coupe du monde de stand up paddle qui s’est déroulée sur l’île d’Oléron aux Huttes a été un grand moment de sport malgré un programme raccourci.

Damné printemps qui ne sait plus où il habite, bien présent vendredi 7 au moment des confirmations d’inscriptions et des entrainements, il laissait la clé sur la porte et dès la nuit partait sans rien dire montrer son soleil ailleurs. La présence de Kai Lenny l’hawaïen champion du monde en titre n’y changera rien. Les orages de la nuit de vendredi à samedi obligèrent les organisateurs à modifier le programme. Le “boss“ de l’organisation, Didier Lafitte, directeur de l’Office du tourisme de La Brée et de Diabolo Fun l’expliquait, la mort dans l’âme,  aux coureurs lors d’un premier “briefing“ samedi matin à 11 heures, « la dépression est juste sur nous, les rotations du vent risquent d’être assez violentes, l’orage n’est pas loin, le grand raid de 30 kilomètres doit être annulé ». En lien permanent avec un météorologue, il reportait le briefing à 14 heures pour prendre une décision. Le danger est bien l’orage et la foudre qui aurait pu atteindre les coureurs debouts sur leurs planches comme autant d’antennes tenant en leurs mains la pagaie en carbone très conductrice d’électricité. Pour détendre l’atmosphère, Christophe Colussi l’animateur micro reprenait tous le discours en taïwanais, faisant référence aux douze nationalités présentes et se moquant du fait que toutes les explications sont données en anglais, internationalité oblige. Plus de 70 coureurs inscrit de 12 nationalités différentes étaient présents.

Kai Lenny 2

Kai Lenny, champion du monde de stand up paddle. © S.M.

Une grande course réduite

À 14 heures, la décision est prise de lancer un départ dans la baie des pilotes devant les Huttes. Le parcours annulé aurait dû partir de Saint-Denis, contourner le fort Boyard et finir au fort Louvois. Le vent s’est un peu levé dans le noroit mais la houle n’est pas très forte, les orages se sont éloignés, un départ va pouvoir être donné à 15 heures pour un raid de 10 kilomètres, deux tours entre deux bouée dans l’axe du vent. Les watermen, comme ils s’appellent entre eux s’échauffent sur la plage, les épaules, les genoux sont très sollicités.

Arrivée d'un heat 12

Connor Baxter vainqueur final à Oléron. © S.M.

« Je me sens bien, je n’ai pas la pression, confie Kai Lenny le tenant du titre mondial, beaucoup ici peuvent gagner ». Les 72 “paddle boarders“ avec parmi eux 9 femmes s’alignent face à la mer. Annabel Anderson, la néo-zélandaise championne du monde est favorite du groupe féminin, « mais au niveau des meilleurs garçons, révèle Thomas Hébert un jeune qui débute dans le circuit, elle est capable d’être au niveau de Kai ou de Connor son grand rival ». Tout le monde se connaît et s’appelle par son prénom.

Annabel Anderson 8

Annabel Anderson championne du monde de stand up paddle. © S.M.

La course est lancée face au vent et à une mer clapoteuse “l’upwind“ demandant de grands efforts physiques, et une fois la première bouée contournée, vent arrière le “downwind“, où les talents s’expriment pour prendre au mieux les vagues et accélérer en planant. « Le plan d’eau était difficile déclare Kai Lenny vainqueur à l’arrivée, j’ai mis un certain temps à entrer dans le rythme, mais rapidement j’ai pu contrer le clapot pénible » Impressionnante Annabel Anderson termine sixième au milieu des garçons et première femme. Le jeune Thomas Hébert, 17 ans fait part de ses impressions « Le clapot était assez terrible en “upwind“, la planche avait tendance à s’arrêter à chaque vaguelette, il fallait mettre toute la puissance. Malgré tout je ne pense pas avoir assez mis de moi-même, à l’arrivée je ne me sentais pas suffisamment fatigué ». L’apprentissage de la course, il finit 33e.

À la bouée 1

Passage à la bouée. © S.M.

Le dimanche les courses s’enchaînent

Dimanche matin avec un public de plus en plus présent, le programme continue mais sur un mode différent. Trois bouées sont mouillées en triangle, les courses s’appellent des “heats“, et, par série de huit coureurs par poule, ils s’affrontent sur des “runs“ très courts, moins de dix minutes. De quart de finale à finale, le niveau et la pression montent, mais les concurrents restent très “fair play“. Les femmes qui sont 9 seront départagées en comptant les points sur deux courses, et même deux ex aequo referont une course à elles seules. La meilleure française, Olivia Piana finit troisième derrière Angela Jackson l’australienne et Annabel Anderson victorieuse. Chez les garçons, c’est Connor baxter en forme cette saison qui remporte la compétition, suivi par Kai Lenny, deux jeunes d’à peine vingt ans. Le premier français, Arthur Arutkin qui est dixième, a moins de seize ans, prometteur…

Lors des dédicaces qui suivront, nombre de jeunes oléronais ont pu approcher leurs idoles et repartir avec des posters signés. Christophe, l’animateur, a même réussi à faire avouer un “I love you“ d’une très jeune demoiselle à un Kai Lenny hilare. C’est dans cette très bonne ambiance qu’a suivi la remise des prix en présence de Michel Parent conseiller général de Charente-Maritime et Lionel Pacaud de la maison du tourisme du pays Marennes-Oléron. Une prime de 10 000 $ a été partagée entre les cinq premiers garçons et les trois premières filles. Des lots ont été distribués aux sportifs mais aussi au public présent pour le plaisir de tous.

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