L’entrainement de choc des ânes oléronais

Publié le 12 avril 2013

Tous les ans à Pâques, la ferme aux ânes de Chéray organise un entrainement en vue du Concours d’Utilisation de la Fédération Française des Ânes et Mulets.

 La Ferme aux Ânes de Chéray créée en 2011 a pour origine “les Ânes d’Oléron“ qui est une entreprise de tout juste 5 ans ayant pour vocation la sauvegarde, la promotion et la valorisation des races asines et surtout celle des Baudets du Poitou. Les Concours d’Utilisation ont été mis en place pour permettre aux éleveurs de montrer la qualité de leurs animaux. Il existe 7 races d’ânes en France et autant de concours, tous organisés par la Fédération Française des ânes et mulets. Des différents concours prévus dans les régions, une finale aura lieu au salon du cheval à Lyon en novembre.

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Nicolas et Ulysse l’étalon © S.M.

Des épreuves de docilité, maniabilité, traction.

Nicolas Séguier qui gère la Ferme aux Ânes de Chéray et les Ânes d’Oléron a organisé cet entrainement qu’il a appelé Journées d’Oléron 2013, et fait venir des ânes de plusieurs horizons dont certains de l’Asinerie de Dampierre-sur-Boutonne. Il est prévu que les ânes de 2 ans porteront un bât et des sacs vides alors que les 3 et 4 ans auront une charge de 50 Kg. Il faut savoir qu’un âne de moins de 5 ans n’est pas encore suffisamment éduqué pour un travail de précision. Un parcours tournoyant dans un pré a été arrangé de façon à proposer 9 stations de travail aux animaux menés par leur ânier. Les règles sont strictes, le parcours est supervisé par trois arbitres qui notent les ânes sur chaque station. Tout commence par la présentation au jury, juchés sur une petite butte, l’ânier décline son nom et le nom de l’animal. Puis le parcours commence par le passage par un petit gué entre deux cônes de chantier surmontés d’une boule de plastique à ne surtout pas faire tomber. S’ensuit un passage sur un chemin étroit symbolisé par un tapis de caoutchouc ainsi que deux cônes avec boules, puis plus loin l’âne doit s’arrêter entre quatre cônes et ne plus bouger pendant dix secondes. On continue en direction d’un passage de pont en bois, les animaux étant impressionnés par le fait de devoir monter une marche pour se retrouver perchés sur une suite de rondins qui les déstabilisent dans leur démarche, « l’ânier doit faire preuve d’une grande concentration, déclare Nicolas Séguier, l’âne le sent et ne suivra pas son maître si celui-ci est dissipé. Ces animaux sont jeunes et pas encore complètement éduqués ce qui ne rend pas la tâche facile ». Voyant cela on pourrait penser que les ânes sont des animaux peureux alors que l’on s’aperçoit qu’en fait il sont très prudents. Les stations suivantes le prouveront, passage dans un chemin de pneus, sous une arche pourvue de lanières de plastique qui volent au vent, obstacle surprise (un chien qui surgit, un parapluie qui s’ouvre), les ânes ne satisferont pas toujours aux exigences du parcours.

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De la patience pour le meneur © S.M.

Une ferme créée pour le plaisir de tous et la sauvegarde de l’âne

Après avoir fait tourner ses ânes en promenades touristiques sur les sites de la citadelle du Château d’Oléron et du phare de Chassiron de 2008 à 2011, Nicolas Séguier décide de regrouper son activité en créant sa Ferme aux Ânes à Chéray. Promenade à dos d’âne ou en attelage sur le site de la ferme, cela ne l’empêche pas de proposer ses activités auprès des camping ou lors de marchés locaux. À ceci s’ajoutent des randonnées “pique-nique“ vers les plages, bref une grande diversité d’activités ludiques et pédagogique envers le public, estivant, enfants des écoles et aussi handicapés avec l’aide du centre Hélio-marin de Lannelongue.

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De la discipline pour l’âne © S.M.

Avec ses 40 ânes dont la moitié sont des Ânes du Poitou et l’autre des ânes communs, Nicolas Séguier avec sa ferme préserve la race locale en suivant le Plan de Sauvegarde de l’association de race. Il loue donc actuellement un reproducteur aux Haras Nationaux de Saintes dont la tâche sera de pourvoir aux futures naissances au sein de la ferme. Ulysse, car c’est son nom, une fois son devoir accompli, repartira chez lui pour éviter qu’il saillisse une de ses filles, et sera remplacé par un autre dans le but de préserver la diversité génétique au sein du troupeau. Afin de conserver un cheptel de la même importance, certains ânes sont promis à la vente, éduqués ou non, « mais une des spécialités de la Ferme aux Ânes est la vente d’ânes de travail », affirme Nicolas Séguier.

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Quand âne pas vouloir, âne faire ainsi ! © S.M.

Pour justifier la préservation des ânes, il faut qu’ils soient “utiles“

S’ajoutant aux activités ludiques et touristiques, la ferme développe son implication dans la protection à l’environnement en mettant ses ânes à disposition pour le nettoyage des dunes dans le cadre du retour à la traction animale, projet porté par le Conseil Général de Charente-Maritime, (voir Le Littoral du 5 avril dernier). « L’ensemble de ces activités a pour but de sauvegarder la race locale des Baudets du Poitou, souligne Nicolas Séguier, les Concours d’Utilisation sont là pour permettre aux éleveurs de montrer la qualité de leurs animaux ». L’intérêt de cette “première“ était de s’organiser pour prévoir un entrainement plus important l’année prochaine au moment du week-end de Pâques.

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