Jean-Marc Raynaud, un écrivain engagé

Publié le 25 juillet 2014

Écrire pour s’engager et militer, pour donner son avis sur la société et se faire entendre. C’est le parti pris par Jean-Marc Raynaud dans ses essais et avec une façon d’en rire dans ses romans.

 Une maison dans les “faubourgs“ de Chaucre au milieu des pins, c’est là que vit Jean-Marc Raynaud depuis 45 ans. Natif de Rochefort, il termine ses études à la faculté de Bordeaux et entre au collège du Château comme intendant. Dès les années de fac, l’envie d’écrire le passionne. Son mémoire de fin d’études l’aide à affirmer son écriture et le motive à écrire pour des journaux et revues. Des personnes qui le soutiennent et l’incitent à écrire lui permettent de poursuivre dans cette voie. « Je trouve du plaisir à écrire, déclare t-il, mais je n’en fais pas une obsession. Écrire est ma passion, pas mon métier ». Adepte de la Libre pensée, il publie son premier essai en 1978 au sujet de l’Éducation libertaire. « Mes sources sont historiques et théoriques, explique l’auteur, je suis un intellectuel qui réfléchit beaucoup aux problématiques qui me guident dans mon écriture ». Parfois écrits en collaboration, ses textes ont toujours l’aspect militant de la Libre pensée et du monde libertaire.

Une maison d’édition et une école libre

Quand on a des convictions, on les applique à soi-même. Jean-Marc Raynaud crée donc sa propre maison d’édition avec quelques amis, les Éditions libertaires et publie des ouvrages qui ne pourraient exister ailleurs. C’est environ six ouvrages par an qui sortent des presses de la coopérative ouvrière 34 à Toulouse, tous d’une qualité impressionnante.

Dans la continuité de ses idées, Jean-Marc Raynaud crée avec son épouse institutrice, l’école Bonaventure. Basée sur la pédagogie de Célestin Freinet, l’école a accueilli de 1993 à 2001 une dizaine d’enfants par an « pour une éducation d’entraide et de coopération, indique t-il, notre école faisait des enfants heureux ».

Des romans caustiques et jubilatoires

Son écriture de romancier, Jean-Marc Raynaud s’en sert pour créer de petits livres où il règle des comptes mais pas forcément les siens. Ces romans dont le titre commence toujours par “Meurtres exquis…“ sont l’occasion, à chaque fois, d’occire trois personnages, qui peuvent exister dans la vie réelle et dont les noms ont été suffisamment modifié pour qu’on puisse les reconnaître. Dans Meurtres exquis au Parti Socialiste, on voit Olivier Aïoli prendre une balle dans la tête dans la cours du siège du parti, alors que François Ballande y échappe de peu en présence de Ségolène Impériale. Le commissaire Clovis Conil mène l’enquête.

Écrivain

Qui, Jean-Marc Raynaud va t-il assassiner la prochaine fois ? © S.M.

L’île d’Oléron n’est pas en reste. Dans “Meurtres exquis à l’île d’Oléron“ un maire qui laisse fermer le CEPMO est assassiné, puis un banquier qui a fait retirer le distributeur de billets du marché de Domino. Encore un travail pour le commissaire Clovis Conil. Jean-Marc Raynaud y a prévu une suite, en cour d’écriture. On y trouve un certain Mac Do construit à Saint-Pierre, des problèmes de projets immobiliers, une évocation du nouveau maire de Dolus… Le Conseil clandestin qui est le gardien de l’unité et protège les oléronais va à nouveau faire parler de lui par des actions violentes. Son antagonisme avec le FLØ va se réactiver pour finalement s’unir avec lui contre la Mafia locale. Un ouvrage qui paraît l’an prochain. Ces petits romans jubilatoires se servent des lieux connus de tous et où certains se reconnaissent, bourrés de références ou d’hommages cachés, ils sont l’occasion de passer un bon moment de lecture.

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