Deux filles pour une exploitation agricole

Édité le 17 avril 2015

Régulièrement les élus locaux visitent des entreprises qui s’inscrivent dans le paysage économique du pays.

La ferme de la Josière à Chaucre, une entreprise de tradition et de transmission familiale qui depuis 2013 a entamé une démarche de certification en agriculture biologique. Succédant à ses parents, Guy Nadreau a laissé l’exploitation à ses deux filles Christine et Cécile qui déclarent avoir eu la chance d’appartenir à une famille qui leur a présenté le travail positivement. « Petite, on ne m’empêchait pas de monter sur le tracteur, souligne Christine Nadreau, mon père m’a laissé participer aux travaux de la ferme ». Environ 70 ha de céréales, blé, luzerne, orge et des légumineuses, lentilles, pois chiche ou cassés, 8 ha de maraichage avec des légumes de toutes sortes dont la certification AB interviendra en 2017, et 23 ha de vignes qui sont en convention agriculture biologique depuis 2013. La période de carence étant de trois ans, le vin sera certifié AB en 2016.

Josière

Cécile et Christine Nadreau avec Pascal Massicot président de la CdC île d’Oléron. © S.M.

« Nous passons au bio parce que depuis une dizaine d’années nous nous rendons compte de la nocivité des pesticides autant pour les utilisateurs que pour le consommateur, explique Cécile Nadreau, nous sentons aussi une demande de la clientèle. Sur notre territoire où il y a beaucoup de passage, le label AB donne une visibilité que du temps d’explication ne permet pas ». L’agriculture biologique est soumise à des contrôles à l’année ou même surprise qui permettent le maintient d’une qualité que l’agriculture raisonnée ne permet pas, quoiqu’allant dans le bon sens. « Dans les années 60 nous avons vu arriver la chimie avec bonheur, explique Guy Nadreau, fini de désherber à la main, un travail dur. Quand mes filles m’ont annoncé leur intention j’ai eu un doute mais je leur ai fait confiance ». De fait la mécanisation de l’arrachage des herbes aide au travail de la vigne. La ferme adhère à une Coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA) qui permet d’avoir des engins à disposition sans besoin de les acheter. En 2000, les deux sœurs construisent un laboratoire de transformation de légumes pour résorber les éventuels excédents. Confitures, caviar d’aubergine, gaspacho, elles ne transforment que ce qu’elles produisent et vendent les produits frais d’avril à octobre, pour moitié en vente directe et l’autre à des revendeurs type épicerie fine ou Gamm vert. Le chiffre d’affaire de la ferme est de 450 000 € et emploie huit équivalents temps pleins.

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