Archive pour la catégorie 'Mes papiers archivés'

Conférence autour d’un livre à la médiathèque de saint-Denis d’Oléron

18 septembre, 2015

Publié le 17 juillet 2015

Vivre l’insularité comme moyen d’évasion et d’apprentissage au cœur du livre de Line Sourbier-Pinter.

 Une rencontre littéraire dans le patio de la médiathèque autour du livre “D’une rive à l’autre“ de Line Sourbier-Pinter animée par Marie-José Aubrière libraire retraitée. Née à Saint-Trojan l’auteure écrit une façon d’autobiographie romancée sa jeunesse sur l’île d’Oléron avant le pont. Autobiographie parce que c’est de son expérience dont il est question, romancée parce que c’est la transmission d’une parole qui n’est pas forcément la sienne, simplement pour éviter qu’elle disparaisse. En sept chapitres Line Sourbier-Pinter a fait le choix d’anecdotes et d’événements qui lui ont été un apprentissage. Ils auraient pu être plus développés mais l’auteure n’a pas souhaité s’étendre sur sa vie privée. Issue d’une famille de marins dont certains de la Royale elle recevait des cartes postales qui lui faisaient quitter les rives du pertuis de Maumusson.

Line Sourbier-Pinter

Line Sourbier-Pinter (à droite) présente son livre lors d’une rencontre animée par Marie-José Aubrière libraire retraitée de La pêche aux livres. © S.M.

Une Algérie imaginée par les récits de son père de cœur, une réalité magnifiée où le lecteur s’invente les personnages ou les éléments présentés, comme les fleurs. « Des paysages surtout, écrit Line Sourbier-Pinter, quand on est devant le pertuis et que l’on regarde en face l’imagination se met en marche : que se passe-t-il au delà de la barre ? (de l’océan) ». Puis des questionnements sur la paix, la guerre, la violence qu’elle relie à la guerre d’Indochine et aux “événements“ d’Algérie. Mais il y a malgré tout des épisodes rayonnants à travers les gens qu’elle aime, beaucoup d’Oléronais s’y reconnaîtront car l’écriture évite la première personne du singulier. On sent dans ce court livre, l’auteure les pieds dans le sable qui regarde le pertuis et sent son insularité lui poser la question, « Mais qui sont les autres, ceux de l’autre rive ? ». La rencontre en présence d’une quinzaine de personnes s’est achevée par une séance de dédicaces.

D’une rive à l’autre aux Éditions oléronaises, 119 pages, 12 €.

Un aménagement efficace à la pointe du Prouard

14 juillet, 2015

Édité le 22 mai 2015

La digue artificielle du Prouard construite en 2008 a engendré un espace naturel de biodiversité qui est désormais protégé.

Cette digue de 350 mètres constituée de blocs calcaires empilés recouverts de 85 000 m3 de sable pris dans les pièges à sable de Saint-Denis permet, grâce à l’action du vent et de l’océan, l’accumulation du sable immédiatement au sud de l’ouvrage dans le but de prémunir le trait de côte des submersions. « Une conséquence assez inattendue de l’action de la digue a été la formation d’un cordon dunaire sous l’action du vent, indique Jean-Michel Massé maire de Saint-Denis, une petite lagune s’est formée que nous avons fait combler en étalant le sable du cordon, la nature a fait le reste ».

Un aménagement efficace à la pointe du Prouard dans Mes papiers archivés prouard

Dans ce triangle d’environ 5 hectares nichent une cinquantaine de couples de gravelots à collier interrompu. © S.M.

Dans ce triangle d’environ 5 hectares, un nouveau milieu naturel s’est créé entre la digue et la plage se colonisant de plantes pionnières qui fixent le sable et attirent des oiseaux dont une cinquantaine de couples du remarquable Gravelot à collier interrompu qui a choisi le site pour en faire son lieu de nidification majeure en Charente-Maritime, soit un tiers des effectifs. L’endroit est donc devenu fortement intéressant du point de vue écologique et d’un attrait touristique indéniable au vu de l’engraissement de la plage par le sable piégé. Le Gravelot, peu farouche s’il n’est pas dérangé, nichant au sol de fin mars à fin juillet,  voit le risque de piétinement des nids par le passage des plagistes accentué ce qui a mené les communes de La Brée et Saint-Denis à protéger le site en le faisant clore avec 200 mètres de ganivelles par les agents des espaces naturels de la CdC.

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200 mètres de ganivelles ont été posés par les agents des espaces naturels de la CdC. © S.M.

Dans le même temps, trois accès à la plage ont été supprimés et deux maintenus pour y simplifier l’accessibilité et protéger la biodiversité du site. Des panneaux d’information qui décrivent l’historique du lieu et l’intérêt de sa préservation sont installés sur une plateforme d’observation. Le tour du site est possible et donc n’incite pas à passer au travers.

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Lors de l’inauguration du site sur la plateforme d’information, Jean-Michel Massé maire de Saint-Denis, Dominique Ravelle conseillère départementale, Pascal Massicot président de la CdCÎØ et Michel Parent conseiller départemental. © S.M.

Ces travaux ont été réalisés pour un budget de 13 679 € dont 40 % pour le département, 20 % pour la Communauté de communes de l’île d’Oléron, 30 % pour La Brée et 10 % pour Saint-Denis. « Le Conseil Général et maintenant le Conseil départemental ont toujours pris une responsabilité pour la protection du littoral en partage avec la Communauté de communes, déclare Michel Parent conseiller départemental, c’est un devoir pour nous de nous mobiliser pour ces actions ».

Deux filles pour une exploitation agricole

12 juillet, 2015

Édité le 17 avril 2015

Régulièrement les élus locaux visitent des entreprises qui s’inscrivent dans le paysage économique du pays.

La ferme de la Josière à Chaucre, une entreprise de tradition et de transmission familiale qui depuis 2013 a entamé une démarche de certification en agriculture biologique. Succédant à ses parents, Guy Nadreau a laissé l’exploitation à ses deux filles Christine et Cécile qui déclarent avoir eu la chance d’appartenir à une famille qui leur a présenté le travail positivement. « Petite, on ne m’empêchait pas de monter sur le tracteur, souligne Christine Nadreau, mon père m’a laissé participer aux travaux de la ferme ». Environ 70 ha de céréales, blé, luzerne, orge et des légumineuses, lentilles, pois chiche ou cassés, 8 ha de maraichage avec des légumes de toutes sortes dont la certification AB interviendra en 2017, et 23 ha de vignes qui sont en convention agriculture biologique depuis 2013. La période de carence étant de trois ans, le vin sera certifié AB en 2016.

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Cécile et Christine Nadreau avec Pascal Massicot président de la CdC île d’Oléron. © S.M.

« Nous passons au bio parce que depuis une dizaine d’années nous nous rendons compte de la nocivité des pesticides autant pour les utilisateurs que pour le consommateur, explique Cécile Nadreau, nous sentons aussi une demande de la clientèle. Sur notre territoire où il y a beaucoup de passage, le label AB donne une visibilité que du temps d’explication ne permet pas ». L’agriculture biologique est soumise à des contrôles à l’année ou même surprise qui permettent le maintient d’une qualité que l’agriculture raisonnée ne permet pas, quoiqu’allant dans le bon sens. « Dans les années 60 nous avons vu arriver la chimie avec bonheur, explique Guy Nadreau, fini de désherber à la main, un travail dur. Quand mes filles m’ont annoncé leur intention j’ai eu un doute mais je leur ai fait confiance ». De fait la mécanisation de l’arrachage des herbes aide au travail de la vigne. La ferme adhère à une Coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA) qui permet d’avoir des engins à disposition sans besoin de les acheter. En 2000, les deux sœurs construisent un laboratoire de transformation de légumes pour résorber les éventuels excédents. Confitures, caviar d’aubergine, gaspacho, elles ne transforment que ce qu’elles produisent et vendent les produits frais d’avril à octobre, pour moitié en vente directe et l’autre à des revendeurs type épicerie fine ou Gamm vert. Le chiffre d’affaire de la ferme est de 450 000 € et emploie huit équivalents temps pleins.

De la terre au conte, une vie

5 avril, 2015

Les pieds bien ancré dans la terre de son île, Roger Bithonneau conteur et poète est une figure oléronaise. Portrait d’un homme attachant.

Dyonisien depuis toujours, Roger Bithonneau est issu d’une famille qui tentait de vivre de la vigne. Jeune, malgré une scolarité perturbée par la guerre, il apprend à aimer les mots. Il fréquente alors les intellectuels russes réfugiés sur l’île qui, en dépit d’une grande indigence, se réunissaient une fois par semaine pour déclamer les grands écrivains russes. Après guerre, la création des Foyer ruraux est un des moyens pour lutter contre le dépeuplement rural. L’instituteur de Saint-Denis attrape les jeunes de la commune et leur enjoint de créer un foyer rural. Roger Bithonneau y participe un peu à contre-cœur, « je n’avais pas confiance en ma propre culture ». Les années passent, le viticulteur ajoute l’élevage laitier à son exploitation pour améliorer l’ordinaire.

Un jour le foyer rural reçoit un groupe de chants béarnais, « nous sommes à notre tour allé les voir chez eux et ce fut l’élément déclencheur de la création du groupe des Mareyants ». Roger Bithonneau a pour modèle Émile Raguin, poète Franc-comtois d’une grande rigueur. Devenu écrivain paysan il adhère à l’Association des Écrivains et Artistes Paysans qui compte des membres partout en Europe et même au Québec. Roger Bithonneau se mets à écrire des textes, contes et chansons, poèmes presque tous issus de la culture locale qui parlent du pays avec « émotion et attachement » comme “Antioche“, un chant qui raconte le naufrage du navire Port Calédonia en 1924. « Nos mères, nos tantes nous décrivaient l’horrible naufrage en le démesurant, raconte-t-il, ceci dans le but de nous éloigner et nous protéger de la mer ». Ses chansons il les accompagne à la clarinette avec le groupe des Mareyants, « Un jour mon père m’a tendu une clarinette, explique le conteur, j’ai immédiatement compris qu’il était hors de question de ne pas savoir en jouer, alors je m’y suis attelé… ».

Roger Bithonneau

Roger Bithonneau, une vie d’écriture pour le plaisir de tous. © S.M.

 

Une rencontre importante

En 1988 Roger Bithonneau participe à un stage de conte au Château dont l’animateur n’est autre qu’Henri Gougaud. Son sujet de fin de stage tiré au sort, le conteur le déclame devant l’assistance et impressionne Henri Gougaud. « Je l’ai écrit en phrases de six pieds, explique-t-il, c’est une structure qui donne du rythme et oblige à rechercher son vocabulaire », il ne manque que les rîmes pour en faire des alexandrins. Le maître Henri Gougaud est impressionné, lui aussi utilise parfois cette forme d’écriture. Imaginez la satisfaction de Roger Bithonneau.

Maire aussi

Roger Bithonneau a aussi été maire de Saint-Denis, de 1995 à 2008 il a mené deux mandats dont certaines de ses réalisations le rendent fier. Tout d’abord l’aménagement paysager et muséographique du site de Chassiron, puis la création de la zone commerciale du port de plaisance et enfin un lotissement d’accès à la propriété sur des terrains à 50 % du prix  du marché.

Les spectacles des Mareyants

À 82 ans, Roger Bithonneau continue d’écrire pour le nouveau spectacle des Mareyants prévu au mois d’août 2015. “D’îles en îles“ raconte le voyage d’un gars du pays parti sur son bateau à travers les îles de l’Atlantique, qui revient chargé d’histoires.

Premier bain de l’année à Saint-Denis d’Oléron

5 février, 2015

Publié le 16 janvier 2015

Une quarantaine de personnes a répondu à l’invitation de l’ASD pour faire trempette dans une eau à 10 degrés à la plage de la Boirie dimanche 11.

Depuis quelques années, un peu partout sur le littoral français, des groupes se forment dans le but de se jeter à l’eau le plus tôt possible dans l’année. Certains se nomment les “Pingouins“, d’autres les “Pieds gelés“ ou les “Ours blancs“, ceux qui se sont baignés dimanche dernier à Saint-Denis pourraient s’appeler les “Même pas froid“, surtout celles et ceux qui étaient en maillot de bain. Cette idée est venue à Brigitte Huot et Émilie Jérôme de la section “Longe côte“ de l’Association des sports dyonisiens, activité qui consiste à marcher dans la mer avec de l’eau jusqu’à la poitrine.

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Les longe côte en combinaison néoprène sont resté le plus longtemps dans l’eau.

Les “longe côte“ ont fait un parcours aller-retour devant la plage de la Boirie en combinaison néoprène, un public très féminin, dont certaines ont précédé la baignade d’un footing d’une heure dans le but de faciliter l’entrée dans l’eau. Parmi les baigneurs, seuls sept sont allés à l’eau en maillot de bain, quatre femmes et trois hommes.

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Plonger, le meilleur moyen d’être sûr d’entrer dans l’eau fraiche.

Gérard, 70 ans, qui est entré dans l’eau assez rapidement fait part d’une sensation inhabituelle, « le froid m’a donné l’impression que l’eau glisse sur la peau, décrit-il, je n’avais presque pas l’impression d’être mouillé ». Marie-France Bonzon, 68 ans, venue de Cestas dans sa maison de Saint-Denis n’est pas frileuse.

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Marie-France Bonzon, une starlette à Saint-Denis.

Elle est retournée plusieurs fois à l’eau pour les photos telle une starlette cannoise, « l’eau froide est un médicament, jubile t-elle, ça fait un bien fou de s’y baigner ».

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Sept en maillot de bain et une trentaine en combinaison, une première et un grand succès pour cette baignade du 11 janvier.

Malgré tout, certains avaient prévu un thermos d’eau tiède à se verser sur la tête à la sortie du bain. D’autres sont allés prendre une douche à la capitainerie du port avant de tous se retrouver devant un café ou un thé et une galette des rois.

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Une partie du groupe des longe côte de l’ASD, des assidus à la baignade.

Maintenant que ce premier rendez-vous a eu lieu, il va se pérenniser et être reconduit l’an prochain en motivant plus de personnes si possible. L’eau fraiche tend la peau, resserre les pores et permet d’éliminer les excès gastronomiques des fêtes passées.

Il y a 90 ans, le naufrage du Port-Calédonia à Antioche

25 décembre, 2014

Publié le 12 décembre 2014

La cloche du navire retrouvée en 2012 a permis d’identifier l’épave. Restaurée, elle se trouve désormais au musée du phare de Chassiron.

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Le Cap-Hornier 4 mâts barque Port-Calédonia. © Allan C. Green/State Library of Victoria

Le naufrage de ce grand Cap-Hornier de 90 mètres, quatre mâts barque finlandais le 2 décembre 1924 sur le rocher d’Antioche à marqué la mémoire collective des oléronais et surtout des dyonisiens sur plusieurs générations. L’épave du navire retrouvée en 2011 n’a pu être identifiée que lorsque sa cloche, seul élément portant son nom, a été retrouvée le 18 août 2012. « Cette cloche, objet mythique par excellence, symbole du navire est là devant nous, nous rappelant le rythme de la vie des marins, mais c’est le glas qu’elle sonna en ce mois de décembre », indique Pascal Massicot président de la CdC dans son discours inaugural. À l’occasion du retour de restauration de la cloche, une grande commémoration pour le 90e anniversaire du drame et une exposition lui sont consacrés à la médiathèque de Saint-Denis.

La cloche comme identité

Ce sont les plongeurs de l’AREPMAREF* qui ont retrouvé le Port-Calédonia sur le rocher d’Antioche. « Une première partie de 70 mètres avait été retrouvée en 2011, explique Vincent Lebaron responsable des opérations sur l’épave, il nous manquait une vingtaine de mètres pour l’identifier, puis un an plus tard nous avons retrouvé l’arrière où se trouvait la cloche, nous n’avions plus de doutes sur l’identité du navire qui est cassé en trois ». De fait, le site fait 3000 m2 où diverses autres parties ont été retrouvées comme des hublots, les deux ancres de cinq mètres, des membrures et le mât de beaupré. L’exposition conçue par Pierre-Emmanuel Augé responsable des archives départementales de Charente-maritime et membre de l’AREPMAREF, présente sur dix panneaux l’histoire du Port-Calédonia, sa fonction de navire de transport de fret, les circonstances du naufrage dont certaines ne sont pas encore élucidées, la recherche de l’épave et sa découverte, les technologies employées et les acteurs de l’exploration.

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La cloche du Port-Calédonia. © S.M.

Un naufrage qui a marqué les esprits

Le Port-Calédonia, qui apportait 4000 tonnes de nitrate de soude depuis le Chili à La Rochelle, fut repéré se dirigeant vers le pertuis d’Antioche le 1er décembre 1924 au soir avec une météo tempétueuse, le matin du 2, à 6 h 25, le guetteur du sémaphore de Chassiron l’aperçoit échoué sur la partie occidentale du rocher d’Antioche. Ce qu’il s’est passé entre temps, on l’ignore encore. Le guetteur tire le canon d’alarme. À l’époque, la tourelle qui indique le rocher était construite mais les systèmes d’alarme n’y étaient pas encore installés. Les sauveteurs sortent le canot de sauvetage mais la mer est vraiment trop forte. Près des déferlantes, ils assistent impuissants à la dislocation du navire, les marins réfugiés dans la mâture périssent dans les flots au fur et à mesure que les mâts tombent et ceux qui se trouvent sur la dunette sont balayés par la mer déchainée. La population qui depuis le rivage regarde le calvaire de ces marins épuisés recueillera vingt trois corps sur vingt cinq qui seront inhumés au cimetière de Saint-Denis sous une stèle. un autre corps retrouvé à Sainte-Marie de Ré y est enterré. Un reste disparu.

Hommage aux naufragés

Ce samedi 6 décembre 2014, jour de la fête d’indépendance de la Finlande et des pays Baltes, une cérémonie en plusieurs parties s’est déroulée en présence de Jouko Leinonen, ministre auprès de l’ambassadeur de Finlande en France, qui voit le naufrage comme “un petit Titanic“ et d’Ari Niittyluoto représentant de l’association d’Histoire de la mer de la ville d’Uusikaupunki où le navire était enregistré, dont l’arrière grand oncle faisait partie de l’équipage. Les élus, Pascal Massicot président de la CdC, Jean-Michel Massé maire de Saint-Denis et Michel Parent conseiller général sont présents. Après avoir découvert la cloche, ils se rendent dans les jardins du phare où, près de la plaque indiquant le naufrage du Port-Calédonia, a été ajoutée une maquette stylisée témoin du martyr du navire et de ses marins de neuf nationalités européennes différentes. Puis la délégation s’est rendue au cimetière de Saint-Denis afin de rendre hommage aux marins naufragés et fleurir la stèle de leur tombe commune. Puis ils se sont rendu à la médiathèque pour l’inauguration de l’exposition où attendait le groupe les Mareyants qui a chanté une chanson écrite par Roger Bithonneau dont l’enfance a été marquée par le récit du drame par ses parents.

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L’exposition à la médiathèque et devant la vitrine de gauche à droite Pascal Massicot, Jouko Leinonen et Sophie Lessard responsable du musée de l’île d’Oléron, derrière eux les Mareyants. © S.M.

*Association de Recherche et d’Étude du Patrimoine Maritime et Fluvial, www.arepmaref.fr/

Exposition à la médiathèque de Saint-Denis d’Oléron jusqu’au 7 mars 2015, rens. 05 46 85 73 18.

Extraits de la chanson « Antioche » de Roger Bithonneau

…A bord c’est la détresse, En ce moment terrible, Les marins ont compris, Le secours impossible, Balayés par le flot, Abonnant le pont, Ils montent dans les mâts, Sans aucune illusion…

…L’autre soir sur la grève, Je me suis attardé (e), J’ai perçu les soupirs, De tous les naufragés, Le ciel était sans nuage, Et pourtant j’ai reçu, Partout sur le visage, Les larmes des disparus…

Le prototype du monotype des pertuis à l’essai

18 décembre, 2014

Publié le 5 décembre 2014

Une centaine de personnes est venue assister, au petit port de la Cayenne de Marennes, à la mise à l’eau de ce petit bateau tant attendu. Le projet qui date d’un an exactement navigue sans embruns mais n’est pas encore à bon port.

Jean-François Garry l’architecte peut être fier. Lui qui a dû coller au plus près au cahier des charges de PNCM* voit enfin le prototype du monotype des pertuis devant lui ce dimanche 30 novembre à la Cayenne. Sorti des mains de son constructeur, Alain Goetz patron de chantier naval à la retraite, le petit voilier intéresse tout de suite par l’originalité de ses lignes. Sur l’eau on reconnaît bien un bateau local inspiré des lasses et des sloop des pertuis mais avec des lignes modernes comme ce double bouchain qui nait rapidement derrière une étrave droite et pincée.

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Pas plus de cinq minutes sont necessaires à la mise en œuvre. © S.M.

Jean François Garenne porte parole du projet l’affirme, « quand nous avons établi le cahier des charges et établi les critères esthétiques, nous ignorions à PNCM quelle forme prendrait notre idée et nous découvrons aujourd’hui à quel point c’est une réussite ». L’architecte, dont le crédo est de favoriser la plaisance populaire, peut se targuer d’avoir réussi un bateau destiné à la régate familiale, la promenade et le camping. « Ce futur monotype doit servir de promotion à PNCM, explique Jean-François Garenne, et nous allons avoir besoin de compétences diverses pour écrire une jauge, créer une association de classe, faire la mise au point du voilier mais aussi adhérer au développement durable en choisissant des bois de pays et des résines aqueuses puis définir un budget de construction ».

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La mise à l’eau est possible à une seule personne. © S.M.

Les plans qui appartiennent désormais à PNCM seront disponibles à la vente avec les gabarits de découpe pour la construction amateur et une aide technique pourra être apportée a ceux qui en auraient besoin. Mais dans l’immédiat il va falloir régler quelques problèmes techniques pour faire baisser les coûts de construction. Le Cercle Nautique de Fouras dont fait partie l’architecte pourrait être le premier à en construire un, « ce monotype fera un excellent bateau de club, déclare t-il, motiver les adhérents à la construction pour ensuite naviguer dessus est tout à fait dans l’esprit de ce voilier ». Bien sûr chaque particulier n’a pas forcément les compétences pour construire le bateau dans son garage mais ce ne sont pas les chantiers qui manquent dans la région. Verrons-nous bientôt quelques dizaines de monotypes dans nos pertuis ?

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Le prototype du monotype des pertuis présage d’une belle série de voiliers. © S.M.

Le monotype des pertuis

Homologué pour quatre personnes c’est un voilier gréé au tiers construit en contreplaqué de 17 pieds de long avec 17 m2 de surface de voile au près comme 17 le département. Il sera possible de lui ajouter un spi asymétrique sur bout dehors rétractable. La coque est a double bouchain, un ballast central de 200 litres est intégré pour la stabilité dans un usage non sportif. L’objectif d’une mise en œuvre en 5 minutes est possible avec un mât qui bascule tout en permettant de conserver les voiles à poste.

Le chantier du Bois Marin restaure des bateaux pas comme les autres

9 décembre, 2014

Publiè le 25 janvier 2013

Cette entreprise créée en 2007 par deux frères restaure des bateaux traditionnels en bois.

Un chantier naval installé au milieu des vignes près de Chaucre voilà qui pourrait paraître surprenant, mais un chantier naval qui restaure des bateaux traditionnels en bois et même classés monuments historiques par la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) de Poitier est bien plus exceptionnel. Cette entreprise a été créée en 2007 par deux frères, Jean François et Julien Coussy dont l’un est issu de la gestion forestière et l’autre qui a été formé à la charpente navale aux Ateliers de l’Enfer à Douarnenez en Bretagne. « Mon BTS de gestion forestière m‘a permis de bien connaître les diverses essences de bois , explique Jean François Coussy, une connaissance bien utile quand il s’agit de choisir les bois nécessaires aux restaurations ». Il décide en 2000 de travailler à la restauration des bateaux traditionnels et rentre en apprentissage au chantier associatif Tramasset près de Bordeaux, puis quatre ans plus tard aux chantiers Joubert à la Tremblade ou il se confirmera dans le métier de charpentier maritime. Julien Coussy, lui, après sa formation travaillera dans divers chantiers en Bretagne. En 2006 le chantier Joubert étant à rependre, les deux frères préfèreront racheter une partie des machines et le stock de bois et créer leur propre chantier.

 Spécialité, vieux bateaux en bois à rénover

 Après un démarrage d’activité en douceur sur de petites unités, un chantier d’exception se présente avec le Lola of Skagen*  cotre aurique de Jean-François Garenne, armé pour la pêche construit en 1919 au Danemark et basé à St Denis d’Oléron. C’est l’opération “Grand carénage“ où beaucoup d’éléments de ce bateau de 17 mètres seront refaits : quille, pont, bordé (éléments de la coque). Ce chantier durera d’octobre 2010 à mars 2011. « Avec ce bateau nous ne sommes pas loin du maximum de taille, déclare Jean François Coussy, certains éléments commencent à peser très lourd et sont difficiles à manipuler ». Puis ce sera Clapotis un sloop baliseur classé monument historique basé à Boyardville dont plusieurs éléments d’importance seront refait début 2012.

 Amphitrite, un petit bateau d’exception

 Cet hiver (2012/13) c’est Amphitrite sloop de pêche à la voile de 7 mètres construit en 1927 au chantier Bernard à la Tremblade qui fait l’objet d’une grande révision. Ce bateau conçu pour la pêche dans les coureaux d’Oléron voulu très bon marcheur par son premier propriétaire Marius Fouché grand amateur de régates fut armé d’un moteur de 20 CV en 1938 afin de travailler à l’ostréiculture. Après 60 ans de labeur à la pêche il est désarmé et laissé à l’abandon dans le port de Marennes. Racheté en 1987 par un amateur M. Roger Touton de la Flotte en Ré il est classé monument historique par la DRAC car les petits bateaux traditionnels classés sont rares.

1 Amphitrite coque Amphitrite déquillé © S.M.

Roger Touton très respectueux de ce patrimoine local le fait naviguer et participe aux grand rassemblements comme “les Tonnerres de Brest 2012“ et gagne même des régates dans sa catégorie. Ce Chantier doit permettre de refaire la quille, la moitié des varangues (les côtes du bateau), le tableau arrière, l’étrave et une partie du bordé. Le gréement est à réviser et une partie de l’accastillage sera reforgé au chantier en acier galvanisé, tout cela selon les directives de la DRAC. « Tout doit être refait à l’identique avec le même savoir-faire qu’à l’époque de sa construction, indique Jean François Coussy, même procédé, même bois. Ce qui est plaisant dans ce type de chantier, c’est qu’il faut toucher à tout et connaître les techniques, nous en apprenons tous les jours… ».

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Vue du chantier sur les varangues à travers le cockpit © S.M.

* Le Lola of Skagen ne peut être classé monument historique car il a été construit au Danemark.

Jean-Marc Raynaud, un écrivain engagé

2 décembre, 2014

Publié le 25 juillet 2014

Écrire pour s’engager et militer, pour donner son avis sur la société et se faire entendre. C’est le parti pris par Jean-Marc Raynaud dans ses essais et avec une façon d’en rire dans ses romans.

 Une maison dans les “faubourgs“ de Chaucre au milieu des pins, c’est là que vit Jean-Marc Raynaud depuis 45 ans. Natif de Rochefort, il termine ses études à la faculté de Bordeaux et entre au collège du Château comme intendant. Dès les années de fac, l’envie d’écrire le passionne. Son mémoire de fin d’études l’aide à affirmer son écriture et le motive à écrire pour des journaux et revues. Des personnes qui le soutiennent et l’incitent à écrire lui permettent de poursuivre dans cette voie. « Je trouve du plaisir à écrire, déclare t-il, mais je n’en fais pas une obsession. Écrire est ma passion, pas mon métier ». Adepte de la Libre pensée, il publie son premier essai en 1978 au sujet de l’Éducation libertaire. « Mes sources sont historiques et théoriques, explique l’auteur, je suis un intellectuel qui réfléchit beaucoup aux problématiques qui me guident dans mon écriture ». Parfois écrits en collaboration, ses textes ont toujours l’aspect militant de la Libre pensée et du monde libertaire.

Une maison d’édition et une école libre

Quand on a des convictions, on les applique à soi-même. Jean-Marc Raynaud crée donc sa propre maison d’édition avec quelques amis, les Éditions libertaires et publie des ouvrages qui ne pourraient exister ailleurs. C’est environ six ouvrages par an qui sortent des presses de la coopérative ouvrière 34 à Toulouse, tous d’une qualité impressionnante.

Dans la continuité de ses idées, Jean-Marc Raynaud crée avec son épouse institutrice, l’école Bonaventure. Basée sur la pédagogie de Célestin Freinet, l’école a accueilli de 1993 à 2001 une dizaine d’enfants par an « pour une éducation d’entraide et de coopération, indique t-il, notre école faisait des enfants heureux ».

Des romans caustiques et jubilatoires

Son écriture de romancier, Jean-Marc Raynaud s’en sert pour créer de petits livres où il règle des comptes mais pas forcément les siens. Ces romans dont le titre commence toujours par “Meurtres exquis…“ sont l’occasion, à chaque fois, d’occire trois personnages, qui peuvent exister dans la vie réelle et dont les noms ont été suffisamment modifié pour qu’on puisse les reconnaître. Dans Meurtres exquis au Parti Socialiste, on voit Olivier Aïoli prendre une balle dans la tête dans la cours du siège du parti, alors que François Ballande y échappe de peu en présence de Ségolène Impériale. Le commissaire Clovis Conil mène l’enquête.

Écrivain

Qui, Jean-Marc Raynaud va t-il assassiner la prochaine fois ? © S.M.

L’île d’Oléron n’est pas en reste. Dans “Meurtres exquis à l’île d’Oléron“ un maire qui laisse fermer le CEPMO est assassiné, puis un banquier qui a fait retirer le distributeur de billets du marché de Domino. Encore un travail pour le commissaire Clovis Conil. Jean-Marc Raynaud y a prévu une suite, en cour d’écriture. On y trouve un certain Mac Do construit à Saint-Pierre, des problèmes de projets immobiliers, une évocation du nouveau maire de Dolus… Le Conseil clandestin qui est le gardien de l’unité et protège les oléronais va à nouveau faire parler de lui par des actions violentes. Son antagonisme avec le FLØ va se réactiver pour finalement s’unir avec lui contre la Mafia locale. Un ouvrage qui paraît l’an prochain. Ces petits romans jubilatoires se servent des lieux connus de tous et où certains se reconnaissent, bourrés de références ou d’hommages cachés, ils sont l’occasion de passer un bon moment de lecture.

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L’entrainement de choc des ânes oléronais

13 novembre, 2014

Publié le 12 avril 2013

Tous les ans à Pâques, la ferme aux ânes de Chéray organise un entrainement en vue du Concours d’Utilisation de la Fédération Française des Ânes et Mulets.

 La Ferme aux Ânes de Chéray créée en 2011 a pour origine “les Ânes d’Oléron“ qui est une entreprise de tout juste 5 ans ayant pour vocation la sauvegarde, la promotion et la valorisation des races asines et surtout celle des Baudets du Poitou. Les Concours d’Utilisation ont été mis en place pour permettre aux éleveurs de montrer la qualité de leurs animaux. Il existe 7 races d’ânes en France et autant de concours, tous organisés par la Fédération Française des ânes et mulets. Des différents concours prévus dans les régions, une finale aura lieu au salon du cheval à Lyon en novembre.

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Nicolas et Ulysse l’étalon © S.M.

Des épreuves de docilité, maniabilité, traction.

Nicolas Séguier qui gère la Ferme aux Ânes de Chéray et les Ânes d’Oléron a organisé cet entrainement qu’il a appelé Journées d’Oléron 2013, et fait venir des ânes de plusieurs horizons dont certains de l’Asinerie de Dampierre-sur-Boutonne. Il est prévu que les ânes de 2 ans porteront un bât et des sacs vides alors que les 3 et 4 ans auront une charge de 50 Kg. Il faut savoir qu’un âne de moins de 5 ans n’est pas encore suffisamment éduqué pour un travail de précision. Un parcours tournoyant dans un pré a été arrangé de façon à proposer 9 stations de travail aux animaux menés par leur ânier. Les règles sont strictes, le parcours est supervisé par trois arbitres qui notent les ânes sur chaque station. Tout commence par la présentation au jury, juchés sur une petite butte, l’ânier décline son nom et le nom de l’animal. Puis le parcours commence par le passage par un petit gué entre deux cônes de chantier surmontés d’une boule de plastique à ne surtout pas faire tomber. S’ensuit un passage sur un chemin étroit symbolisé par un tapis de caoutchouc ainsi que deux cônes avec boules, puis plus loin l’âne doit s’arrêter entre quatre cônes et ne plus bouger pendant dix secondes. On continue en direction d’un passage de pont en bois, les animaux étant impressionnés par le fait de devoir monter une marche pour se retrouver perchés sur une suite de rondins qui les déstabilisent dans leur démarche, « l’ânier doit faire preuve d’une grande concentration, déclare Nicolas Séguier, l’âne le sent et ne suivra pas son maître si celui-ci est dissipé. Ces animaux sont jeunes et pas encore complètement éduqués ce qui ne rend pas la tâche facile ». Voyant cela on pourrait penser que les ânes sont des animaux peureux alors que l’on s’aperçoit qu’en fait il sont très prudents. Les stations suivantes le prouveront, passage dans un chemin de pneus, sous une arche pourvue de lanières de plastique qui volent au vent, obstacle surprise (un chien qui surgit, un parapluie qui s’ouvre), les ânes ne satisferont pas toujours aux exigences du parcours.

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De la patience pour le meneur © S.M.

Une ferme créée pour le plaisir de tous et la sauvegarde de l’âne

Après avoir fait tourner ses ânes en promenades touristiques sur les sites de la citadelle du Château d’Oléron et du phare de Chassiron de 2008 à 2011, Nicolas Séguier décide de regrouper son activité en créant sa Ferme aux Ânes à Chéray. Promenade à dos d’âne ou en attelage sur le site de la ferme, cela ne l’empêche pas de proposer ses activités auprès des camping ou lors de marchés locaux. À ceci s’ajoutent des randonnées “pique-nique“ vers les plages, bref une grande diversité d’activités ludiques et pédagogique envers le public, estivant, enfants des écoles et aussi handicapés avec l’aide du centre Hélio-marin de Lannelongue.

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De la discipline pour l’âne © S.M.

Avec ses 40 ânes dont la moitié sont des Ânes du Poitou et l’autre des ânes communs, Nicolas Séguier avec sa ferme préserve la race locale en suivant le Plan de Sauvegarde de l’association de race. Il loue donc actuellement un reproducteur aux Haras Nationaux de Saintes dont la tâche sera de pourvoir aux futures naissances au sein de la ferme. Ulysse, car c’est son nom, une fois son devoir accompli, repartira chez lui pour éviter qu’il saillisse une de ses filles, et sera remplacé par un autre dans le but de préserver la diversité génétique au sein du troupeau. Afin de conserver un cheptel de la même importance, certains ânes sont promis à la vente, éduqués ou non, « mais une des spécialités de la Ferme aux Ânes est la vente d’ânes de travail », affirme Nicolas Séguier.

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Quand âne pas vouloir, âne faire ainsi ! © S.M.

Pour justifier la préservation des ânes, il faut qu’ils soient “utiles“

S’ajoutant aux activités ludiques et touristiques, la ferme développe son implication dans la protection à l’environnement en mettant ses ânes à disposition pour le nettoyage des dunes dans le cadre du retour à la traction animale, projet porté par le Conseil Général de Charente-Maritime, (voir Le Littoral du 5 avril dernier). « L’ensemble de ces activités a pour but de sauvegarder la race locale des Baudets du Poitou, souligne Nicolas Séguier, les Concours d’Utilisation sont là pour permettre aux éleveurs de montrer la qualité de leurs animaux ». L’intérêt de cette “première“ était de s’organiser pour prévoir un entrainement plus important l’année prochaine au moment du week-end de Pâques.

3 jours de compétition debout sur une planche

4 novembre, 2014

Publié le 14 juin 2013

La quatrième épreuve de coupe du monde de stand up paddle qui s’est déroulée sur l’île d’Oléron aux Huttes a été un grand moment de sport malgré un programme raccourci.

Damné printemps qui ne sait plus où il habite, bien présent vendredi 7 au moment des confirmations d’inscriptions et des entrainements, il laissait la clé sur la porte et dès la nuit partait sans rien dire montrer son soleil ailleurs. La présence de Kai Lenny l’hawaïen champion du monde en titre n’y changera rien. Les orages de la nuit de vendredi à samedi obligèrent les organisateurs à modifier le programme. Le “boss“ de l’organisation, Didier Lafitte, directeur de l’Office du tourisme de La Brée et de Diabolo Fun l’expliquait, la mort dans l’âme,  aux coureurs lors d’un premier “briefing“ samedi matin à 11 heures, « la dépression est juste sur nous, les rotations du vent risquent d’être assez violentes, l’orage n’est pas loin, le grand raid de 30 kilomètres doit être annulé ». En lien permanent avec un météorologue, il reportait le briefing à 14 heures pour prendre une décision. Le danger est bien l’orage et la foudre qui aurait pu atteindre les coureurs debouts sur leurs planches comme autant d’antennes tenant en leurs mains la pagaie en carbone très conductrice d’électricité. Pour détendre l’atmosphère, Christophe Colussi l’animateur micro reprenait tous le discours en taïwanais, faisant référence aux douze nationalités présentes et se moquant du fait que toutes les explications sont données en anglais, internationalité oblige. Plus de 70 coureurs inscrit de 12 nationalités différentes étaient présents.

Kai Lenny 2

Kai Lenny, champion du monde de stand up paddle. © S.M.

Une grande course réduite

À 14 heures, la décision est prise de lancer un départ dans la baie des pilotes devant les Huttes. Le parcours annulé aurait dû partir de Saint-Denis, contourner le fort Boyard et finir au fort Louvois. Le vent s’est un peu levé dans le noroit mais la houle n’est pas très forte, les orages se sont éloignés, un départ va pouvoir être donné à 15 heures pour un raid de 10 kilomètres, deux tours entre deux bouée dans l’axe du vent. Les watermen, comme ils s’appellent entre eux s’échauffent sur la plage, les épaules, les genoux sont très sollicités.

Arrivée d'un heat 12

Connor Baxter vainqueur final à Oléron. © S.M.

« Je me sens bien, je n’ai pas la pression, confie Kai Lenny le tenant du titre mondial, beaucoup ici peuvent gagner ». Les 72 “paddle boarders“ avec parmi eux 9 femmes s’alignent face à la mer. Annabel Anderson, la néo-zélandaise championne du monde est favorite du groupe féminin, « mais au niveau des meilleurs garçons, révèle Thomas Hébert un jeune qui débute dans le circuit, elle est capable d’être au niveau de Kai ou de Connor son grand rival ». Tout le monde se connaît et s’appelle par son prénom.

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Annabel Anderson championne du monde de stand up paddle. © S.M.

La course est lancée face au vent et à une mer clapoteuse “l’upwind“ demandant de grands efforts physiques, et une fois la première bouée contournée, vent arrière le “downwind“, où les talents s’expriment pour prendre au mieux les vagues et accélérer en planant. « Le plan d’eau était difficile déclare Kai Lenny vainqueur à l’arrivée, j’ai mis un certain temps à entrer dans le rythme, mais rapidement j’ai pu contrer le clapot pénible » Impressionnante Annabel Anderson termine sixième au milieu des garçons et première femme. Le jeune Thomas Hébert, 17 ans fait part de ses impressions « Le clapot était assez terrible en “upwind“, la planche avait tendance à s’arrêter à chaque vaguelette, il fallait mettre toute la puissance. Malgré tout je ne pense pas avoir assez mis de moi-même, à l’arrivée je ne me sentais pas suffisamment fatigué ». L’apprentissage de la course, il finit 33e.

À la bouée 1

Passage à la bouée. © S.M.

Le dimanche les courses s’enchaînent

Dimanche matin avec un public de plus en plus présent, le programme continue mais sur un mode différent. Trois bouées sont mouillées en triangle, les courses s’appellent des “heats“, et, par série de huit coureurs par poule, ils s’affrontent sur des “runs“ très courts, moins de dix minutes. De quart de finale à finale, le niveau et la pression montent, mais les concurrents restent très “fair play“. Les femmes qui sont 9 seront départagées en comptant les points sur deux courses, et même deux ex aequo referont une course à elles seules. La meilleure française, Olivia Piana finit troisième derrière Angela Jackson l’australienne et Annabel Anderson victorieuse. Chez les garçons, c’est Connor baxter en forme cette saison qui remporte la compétition, suivi par Kai Lenny, deux jeunes d’à peine vingt ans. Le premier français, Arthur Arutkin qui est dixième, a moins de seize ans, prometteur…

Lors des dédicaces qui suivront, nombre de jeunes oléronais ont pu approcher leurs idoles et repartir avec des posters signés. Christophe, l’animateur, a même réussi à faire avouer un “I love you“ d’une très jeune demoiselle à un Kai Lenny hilare. C’est dans cette très bonne ambiance qu’a suivi la remise des prix en présence de Michel Parent conseiller général de Charente-Maritime et Lionel Pacaud de la maison du tourisme du pays Marennes-Oléron. Une prime de 10 000 $ a été partagée entre les cinq premiers garçons et les trois premières filles. Des lots ont été distribués aux sportifs mais aussi au public présent pour le plaisir de tous.

Non la bière n’est pas un naufrage !

30 octobre, 2014

Publié le 20 juin 2014

Visite de la Brasserie des Naufrageurs

Située en plein champs, aux Landes entre Saint-Pierre et Saint-Georges, la brasserie de Jean-Luc Métayer existe depuis 19 ans. Le brasseur, agriculteur et ex-apiculteur, diplômé universitaire et du Conservatoire National des Arts et Métiers, décide de créer sa brasserie après une rencontre surprenante. C’est à Aubeterre-sur-Dronne, à la limite de Charente et Dordogne, qu’il visite un jour la plus petite brasserie de France. Là, un archéologue canadien brasse dans sa cuisine des bières improbables dont il remplit des bouteilles de récupération. Le liquide élaboré à l’anglaise est agrémenté de macérations de carottes râpées ou de poire.

“Savoir faire“

« Sur mon exploitation je me suis mis à cultiver de l’orge, explique Jean-Luc Métayer, orge verte que je mets à fermenter dans de l’eau semi filtrée pour la transformer en malt auquel un ou deux pourcent de houblon sont ajoutés pour les arômes, puis je brasse le tout dans une grande cuve chauffée ». Le liquide passe par deux fermentations à chaud et à froid avant de pouvoir s’appeler bière. Elle est conservée plusieurs semaines en cuve afin de faire mûrir son goût et son bouquet. C’est l’habileté du brasseur qui donne sa spécificité à la bière. Le résidu de malt appelé “drêche“ très énergétique sert à nourrir son bétail dont deux superbes vaches des Highlands (Écosse). Jean-Luc Métayer est un autodidacte de la brasserie, mais il existe une formation de brasseurs à l’université de La Rochelle qui se nomme “La science infuse“. En France, 700 petits brasseur sont installés dont sept en Charente-Maritime.

Bière des naufrageurs

Jean-Luc Métayer, un joyeux brasseur

Une brasserie pittoresque

Bon an, mal an, la Brasserie des Naufrageurs produit 700 à 800 hectolitres de bière déclinée en vingt produits différents. Les plus classiques, blondes, blanches et ambrées, des typées noires et poivre noir à l’infusion de poivre, puis quelques originales, caramel à la fleur de sel, gingembre, mélilot, chanvre fruitées… La bière des Naufrageurs est présente dans une centaine d’établissements oléronais ainsi que dans la grande distribution.

L’église, le plus vieux bâtiment de Saint-Denis d’Oléron

21 octobre, 2014

Publié le 16 mai 2014

Bien campée au centre du bourg, l’église aurait été construite avant l’an 1040 date à laquelle on la trouve mentionnée pour la première fois. Elle est classée monument historique.

Propriété de l’abbaye aux Dames de Saintes dès 1047, l’église de Saint-Denis a traversé les siècles en subissant divers outrages. Pillée par des pirates espagnols, incendiée durant les guerres de religion et le clocher qui s’effondre au début du XVIIe siècle. L’église doit son existence à une reconstruction à la moitié du XIXe et l’ajout d’un nouveau clocher en 1877. De nos jours c’est la commune qui prend à sa charge ce monument chargé d’histoire. Trois grands vitraux on été refaits, copies exactes des anciens, les marteaux tinteurs des cloches ont été remplacés, les lignes électriques qui partent vers la sacristie ont été changées et pour la modernité la commande d’automatisation de l’horloge a été mise en conformité.

Église St Denis

 Classée monument historique, l’église de Saint-Denis a subi bien des épreuves. © S.M.

À l’intérieur un trésor, le Napoléon, maquette d’une frégate en ex-voto (prière matérielle en accomplissement d’un vœu ou en signe de reconnaissance), classée monument historique elle aussi, à l’abri dans une vitrine. Attaquée par des moisissures celle-ci a été restaurée par un professionnel agréé par les affaires culturelles.

Sur la façade, les quatre colonnes entourant la porte classée, portaient les statues de Saints qui n’étaient pas du goût d’un adjoint au maire. Au début des années 80, celui dont on a voulu oublier le nom, décida de les faire disparaître… Depuis, les municipalités successives, conscientes de la valeur de leur patrimoine et de son maintien, prennent en charge l’entretien de l’édifice le plus vieux de la commune.

Concerts sur l’orgue de l’église de Saint-Denis

21 octobre, 2014

Publié le 5 septembre 2014

Simon Warin présente six œuvres programmées et six autres au choix du public sur le nouvel orgue.

 C’est sur un orgue tout neuf arrivé en juin dernier au sein de l’église de Saint-Denis que Simon Warin va se produire pour un concert de deux heures. « C’est un instrument hyper réaliste, explique l’organiste, avec 1300 jeux de sons différents, il reproduit les sons de huit orgues différents, deux de l’époque baroque Bach XVIIe siècle, deux romantiques XIXe, deux autres symphoniques début XXe siècle et enfin deux contemporains ». De fait, l’instrument est un ordinateur ultra puissant dont les sons numérisés sont synthétisés pour donner le véritable son des tuyaux métalliques. Le musicien affirme pouvoir reproduire le son de la plupart des orgues existant dans le monde. Ce nouvel instrument qui a été acquis par le financement de la paroisse de l’île d’Oléron possède trois claviers au lieu de deux prévus initialement. C’est une donation faite par Évelyne et Frédéric Ollier qui a permis de choisir un orgue à trois claviers. La largeur du spectre sonore de l’orgue permet, sans assourdir les premiers rangs, une écoute optimale jusqu’au fond de l’église. Nul besoin d’amplification de grande puissance, la voute de l’édifice permet une bonne restitution de la musique dans tout son volume.

Concerts d'orgue

Simon Warin joue son nouvel orgue à trois claviers et un pédalier. © S.M.

Simon Warin est un artiste de grande réputation internationale. Dès l’âge de douze ans, il devint suppléant du second orgue de Champagne-Ardennes à Sedan puis titulaire du banc à seize ans. Après plus de trente ans sur le banc de l’orgue de la cathédrale Saint-Charles de Sedan, il quitte cet instrument devenu injouable, détruit par des infiltrations d’eau de pluie. Parallèlement à sa carrière d’organiste, Simon Warin a été professeur de musique puis commerçant en instruments de musique et enfin producteur de spectacles. Depuis vingt ans qu’il est sur l’île, le musicien joue sur l’orgue de Saint-Denis en concerts mais aussi aux offices dominicaux.

Des dinosaures sur Oléron

16 octobre, 2014

Publé le 9 mai 2014

L’île d’Oléron, outre sa variété de paysages, offre au public amateur de paléontologie et de géologie de passionnantes découvertes.

 C’est à Chassiron que l’amateur de “cailloux“ trouve son bonheur. C’est à cet endroit le plus rocheux de l’île que se trouve une petite falaise dont les strates renseignent sur la configuration particulière de la côte atlantique née il y a plus de 150 millions d’années, époque où l’océan se crée par la dérive des continents. Dominique Abit, passionné de paléontologie depuis l’enfance a créé Dinoléron une association qui lui permet de partager ce qu’il connaît de la pointe de Chassiron. « J’ai une formation de géologue que j’ai poursuivi à La Rochelle, mais que je n’ai pas conclu par un diplôme, explique t-il, à l’époque l’opportunité de prendre le poste de directeur du site de Chassiron m’a permis de travailler dans un lieu que j’aime et connaît bien ».

Dinoléron

Dominique Abit (debout au centre) partage sa passion avec le public © S.M.

Ce paléontologue très éclairé offre son temps aux scientifiques pour faire des recherches très pointues comme au cours d’un chantier de fouilles qui a eu lieu en 2011 où plusieurs tonnes de sables et graviers ont été tamisés sous des loupes binoculaires pour y trouver des dents de dinosaure, des fossiles de mâchoires et d’écailles de poissons, d’os de ptérosaure, ancêtres des reptiles volants. « Ici à Chassiron nous trouvons de petits fossiles qui sont de grande qualité, déclare Dominique Abit, le site est riche mais connu surtout par les chercheurs spécialistes ». Les fossiles trouvés par les amateurs sont surtout les gros comme les ammonites ou les coquillages fossilisés. L’extraction est interdite aux amateurs et seul le ramassage est autorisé. Ainsi pour sensibiliser le public à sa passion, Dominique Abit propose t-il des sorties gratuites de découverte du site à raison de trois ou quatre par an pour des groupes d’environ vingt personnes.

www.dinoleron.fr

Le port de plaisance : un acteur de la vie locale

16 octobre, 2014

Publié le 9 mai 2014

À l’instar du camping municipal et du site du phare de Chassiron, le port de Saint-Denis participe à la vie locale. Petit tour d’horizon sur cet acteur incontournable.

 Le port de plaisance, qui à l’origine ne permettait que l’échouage de 200 petits bateaux, a été reconstruit en 1989. Devenu port en eau profonde et agrandi pour 730 emplacements, le nouveau port est devenu une attraction pour Saint-Denis que l’on vienne de la mer ou par la route. La liste d’attente pour les places le prouve, il faut actuellement attendre entre 7 et 10 ans pour en obtenir une. L’accueil des visiteurs en escale est aussi une priorité pour le port, c’est ainsi que l’an passé 3070 bateaux ont pu être accueillis. « Nous avons mis en place une “gestion dynamique des emplacements“, explique Rodolphe Mouclier directeur du port, et grâce à ce système nous avons pu accueillir jusqu’à 108 bateaux en escale le même jour ».

Port de plaisance

Le port de plaisance acteur de la dynamique locale. © S.M.

Favoriser les visiteurs et aider les locaux

Cette gestion dynamique est une proposition faite aux 660 locataires d’emplacements annualisés de sortir leur bateau de l’eau deux mois consécutifs du 1er juin au 30 septembre, ou six semaines du 1er juillet au 31 août. Les bateaux sont soit stockés sur le parking en calcaire pour 2 € par jour maximum ou emportés en dehors de la zone portuaire par leurs propriétaires. En échange la gestion propose une ristourne de 200 € sur le loyer annuel ainsi qu’un 365e de la taxe par jour de relocation de l’emplacement à des visiteurs ou des résidents secondaires. « Il va de soit que nous leur appliquons les tarifs haute saison, indique Alain Charlet deuxième adjoint au maire en charge du nautisme porteur du projet, la différence aide au fonctionnement du port ». En 2013, pour la deuxième année, ce sont 18 000 € qui ont été générés et une fois les forfaits rétrocédés aux annualisés il restait 9000 €. « Les efforts que fait le port sont pour le bénéfice de tous les acteurs locaux, déclare Alain Charlet, que ce soit pour les restaurants, les commerces ou les professionnels du nautisme et même la population ou les touristes, nous faisons en sorte que le bénéfice soit commun ».

Un budget serré mais des finances saines

La construction du port en 1988 a coûté 55 MF (env. 8 M€). L’emprunt a été renégocié deux fois pour permettre d’amener l’annualité à 470 K€, somme qui est portée à 600 K€ depuis la construction de la zone commerciale en bois en 2006. Le budget total du port qui est de 1,724 M€ supporte le remboursement des emprunts jusqu’en 2027. Malgré tout les finances sont saines puisque depuis 2008 aucun euro n’a été emprunté. La capitainerie et le bloc sanitaire ont été rénovés en 2010 sur fonds propres et des travaux ont été effectués sur les bâtiments de la zone commerciale pour des problèmes structurels.

Le port emploie 5 permanents et un emploi d’avenir, en saison un renfort de 3 jobs d’étudiants vient étoffer l’équipe.

La renaissance du marais salant de l’Ileau

12 octobre, 2014

Publié le 15 février 2013

Abandonné depuis la première guerre mondiale à cause du décès au combat de son propriétaire, le marais salant de l’Îleau était devenu une friche. Histoire d’une reprise d’activité.

À cette époque le sel rapporte de moins en moins en raison de la modernisation des moyens de conservation des vivres grâce à la réfrigération entre autres. Ce sel qui servait à faire de la saumure ne trouve plus de marché. Certains de ces marais ont bien été transformés en claires pour l’ostréiculture, mais malgré tout beaucoup seront abandonnés. Marguerite Soudois a hérité du marais de l’Îleau il y a bien longtemps et elle le voit mourir doucement…

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Photo © DR

 Jean Pierre Deraedt est un saunier qui exploitait un petit marais salant du côté des Boulassiers à La Brée et produisait du sel et de la salicorne qu’il vendait sur les marchés. En 2001 Marguerite Soudois vient le voir et lui propose de réhabiliter le marais et de l’exploiter car elle souhaiterait le revoir faire du sel “avant de partir“.

La tâche est rude et Jean Pierre Deraedt qui a commencé à défricher et à creuser pour retrouver la base de glaise envisage de faire exécuter les travaux par l’UNIMA (Union des marais de la Charente-Maritime), mais le devis est trop élevé pour lui. Il propose donc à Marguerite Soudois de n’en exploiter qu’un quart mais celle-ci n’en démord pas et lui offre la réfection des 5 hectares du marais dont 2,3 pour la production par l’UNIMA. «  Depuis je l’appelle “ma petite fée“, dit Jean Pierre Deraedt avec affection, elle va au bout de son rêve et me permet de vivre le mien ».

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Photo © DR

Maintenant il faut produire

L’exploitation “le Grain de Sel“ démarrera en 2002 mais avec difficulté à cause des intempéries, cet été là, en effet, il n’a pas fait très beau temps. « Faire du sel a toujours été un coup de poker, révèle Jean Pierre Deraedt, année après année c’est la météo qui décide ». L’année suivante c’est la quinte flush, 2003 l’année de la canicule, le marais commence une vraie production et dans le même temps la clientèle d’estivants s’intéresse à ce sel artisanal. Petit à petit le Grain de Sel peut employer 3 sauniers* saisonniers et un temps plein pour exploiter correctement le marais. « Théoriquement le marais peut produire 80 tonnes de sel sur une excellente année, signale Jean Pierre Deraedt, mais il faut penser aux moins bonnes années et pour cela nous avons un stock tampon, nous évitons de tout vendre la même année » Le sel et la fleur de sel sont vendus sur les marchés, dont celui de la Brée, mais ne faites pas comme cette estivante qui ayant acheté de la fleur de sel est revenue mécontente l’année suivante au marais pour n’avoir pas réussi à faire pousser la moindre fleur dans son jardin !

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Photo © DR

Depuis maintenant plus de 10 ans que le marais est restauré et produit à nouveau, le rêve de Marguerite Soudois s’est réalisé pour sa plus grande joie !

Jean Pierre Deraedt fait visiter son marais du 15 juin au 15 septembre

*Saunier, ouvriers du marais en Charente-Maritime, le paludier l’est en Bretagne.

Le moulin patrimoine oléronais

10 octobre, 2014

Publié le 26 septembre 2014

Le moulin est au cœur d’un grand projet de réhabilitation patrimoniale qui fera revivre un site d’exception.

 Acheté en juillet 2012 par la Communauté de communes de l’île d’Oléron et la commune de La Brée-les-Bains, le moulin va faire l’objet d’une restauration à l’identique, du moins dans sa version de 1882. L’édifice dont l’existence est attestée par sa présence sur une carte de 1686 est présent dans des textes de 1736. Ce moulin qui n’a pas vu le moindre grain de blé depuis les années 30 a un grand avantage à être remis en fonction, la présence d’un mécanisme complet à l’intérieur. Le projet estimé à 350 000 € sera de reconstruire à l’identique toutes les pièces de meunerie, meules engrenages, axes et régulateurs, assortis de systèmes de sécurité. Le moulin dont les ailes étaient faites de vergues et de toile à ses débuts a été modernisé en 1882 avec la système Berton, une voilure à quatre ailes faite de planches que le meunier actionnait de l’intérieur pour en modifier la surface selon la force du vent. Le toit pivotant couvert de tuiles de châtaigner est actionné par un “guivre“, grande vergue descendant au sol relié à un cabestan. Il y a un peu de marine à voile dans la meunerie. Le bâtiment lui-même construit en moellon et pierre de taille en calcaire enduit de chaux, est dit à “onglets“, rétrécissement à chaque étage pour asseoir la structure et alléger les hauts. « Certains disent “moulin anglais“, explique Émilie Drouyer responsable du pôle musées et patrimoine, le moulin ayant été construit alors que les anglais occupaient l’île, il se peut que les deux termes se soient confondus ».

Moulin

Le moulin de La Brée a été très visité lors des journées du patrimoine. © S.M.

Le projet de la CdC, outre de remettre le moulin en fonctionnement à l’horizon 2017, est de recréer une activité de meunerie sur Oléron et de se servir du site qui comporte plusieurs bâtiments pour en faire la promotion. « Tout n’est pas encore bien établi, déclare Virginie Bodin responsable du projet à la CdC, le site pourrait accueillir une partie musée, une salle pédagogique orientée vers les scolaires, une boutique, un lieu de dégustation de produits conçu à partir de la farine produite ». Le cabinet AVEC, Agence de valorisation des établissements culturel, aide au projet pour la programmation et la faisabilité. Le meunier qui sera en charge du fonctionnement du site, le fera visiter et présentera son travail au public tout en assurant une production de 350 quintaux de farine. Il est aussi possible que des boulangers soient intégrés au projet.

Une petite histoire dans l’Histoire de la Grande guerre 1914-1918

10 octobre, 2014

Publié le 1er août 2014

Un blog* raconte l’histoire d’un couple séparé par la guerre à l’aide de notes, journaux et courriers retrouvés au fond d’une armoire.

 C’est l’exposition à la médiathèque de Saint-Denis commémorant le centenaire du début de la guerre de 14-18 qui a donné l’idée à Dominique Abit** d’ouvrir les armoires familiales contenant ses archives, « moi qui suit passionné de paléontologie, explique t-il, j’ai eu l’impression de faire de l’archéologie en fouillant dans tous ces papiers. Du matériel j’en ai trouvé, des documents datant du XVIIIe siècle à nos jours ». Dans cette collection de courriers, manuscrit, journaux, dessins et photos, il a extrait une histoire. Celle de Paul et Marthe Devin, (née Pingard), ses arrières grands parents, au moment de la première guerre mondiale. « Ce n’est pas un travail d’historien, signale Dominique Abit, j’ai retranscrit sans modification de vocabulaire ou de phrases les journaux et les échanges entre les époux Devin séparés par la guerre ainsi que leurs deux filles. Chacun est libre d’interpréter ce qu’il lit sur le blog ». Ce blog sera actualisé tous les deux ou trois jours du 1er août au 11 novembre 2014. Ces quatre mois seront l’équivalent des quatre années de guerre et de la vie de Paul et Marthe Devin.

Blog 14-18 1 Dominique Abit tient un des journaux de Marthe en photo sur l’écran derrière lui. © S.M.

Entre Sedan, Paris et Oléron

Après leur mariage en 1892, Paul et Marthe qui habitent Sedan ont deux filles, dont l’ainée, Élisabeth présente des carences en iode, élément essentiel à la croissance. En 1905, un ami médecin de Paul lui conseille d’envoyer sa fille à Saint-Denis pour des soins aérium, l’air iodé de l’océan est bon contre ces carences. L’effet est tellement efficace que Paul Devin y achète une maison en 1909 pour y laisser ses deux filles, la mère de Marthe et du personnel employé sur place. L’été 1914, toute la famille est à Saint-Denis quand la guerre est déclarée. Paul qui est aussi commandant des pompiers de Sedan est réserviste. Il a 54 ans et rejoint le 46e RTI, (régiment territorial et d’infanterie), à Reims où il est mobilisé. Les réservistes qui sont conservé en troisième ligne sont rapidement placés en première ligne où le manque de gradés se fait déjà sentir. En décembre 1914, un obus à shrapnels (rempli de billes d’acier), explose à proximité de Paul Devin. Grièvement blessé, il est évacué à l’hôpital de Verdun où il est amputé de la jambe gauche. Paul Devin termine ses soins dans un hôpital parisien puis passe la fin du conflit au ministère de la guerre jusque fin 1918.

Marthe Devin-Pingard laisse ses filles à sa mère à Saint-Denis et retourne à Sedan. Ayant dans sa jeunesse suivi des cours d’infirmière à l’hôpital de Sedan, elle adhère aux Dames françaises, une société affiliée à la Croix rouge et ouvre des ambulances (centres de soins) dans des locaux appartenant à la famille. Elle est aussi à l’origine de la création des jardins ouvriers de Sedan, les premiers de France. Rapidement, les allemands prennent Sedan. Le 25 août, Marthe se retrouve en territoire occupé et y restera séparée de son époux et de ses enfants jusqu’à la fin de la guerre. Les allemands ferment les ambulances, alors Marthe va s’occuper de l’orphelinat et des jardins ouvriers. Elle demande à l’occupant de pouvoir ouvrir une école chez elle et accueille les enseignants puisque le collège a été réquisitionné.

Blog 14-18 2Des lettres et un journal témoins d’une époque, remplis d’une belle écriture cursive. © S.M.

Otage en Allemagne

Janvier 1918, Marthe Devin qui fait partie des notables de Sedan est emmenée à Holzminden en Allemagne. Les allemands prennent des otages afin de s’assurer que leurs camarades prisonniers ne seront pas maltraités par les français. Bizarrement, à partir de ce moment la vie devient un tout petit peu plus facile pour Marthe. Les otages sont régulièrement pris en photo comme preuve de vie, des colis de la Croix rouge leur parviennent et l’autorisation de faire partir du courrier leur est accordée. Une censure est appliquée mais au moins ils peuvent donner de leurs nouvelles. Marthe écrit à son mari à Paris et à ses filles sur Oléron et reçoit des lettres en retour. Juillet 1918, elle est libérée et pourrait retrouver Paul son mari à Paris mais préfère retourner à Sedan pour apporter son aide à la population. Elle y restera jusqu’à la fin de la guerre. Paul et Marthe Devin se retrouvent à Paris fin 1918 et vivent entre Sedan et Oléron, puis à la retraite de Paul s’installent dans leur maison de Saint-Denis. L’air de l’océan qui a été profitable à leur fille Élisabeth a donné l’idée aux époux Devin de créer l’aérium de l’Ormeau de Saint-Denis après la guerre.

Blog 14-18 3Photo de Paul et Marthe Devin le jour de leurs fiançailles, colorisée par Dominique Abit. © D.A.

Le blog…

Les pages du blog sont composées des souvenirs de Paul Devin rédigés en 1916. Ils concernent la période d’août 1914 à janvier 1915. D’autres reprennent les carnets de guerre et journaux intimes de Marthe Devin d’août 1914 à janvier 1918 puis ses lettres jusqu’en novembre 1918. Le blog est aussi illustré de photographies et de dessins. Le président de la Société d’histoire et d’archéologie du Sedanais, Sébastien Haguette, déjà enthousiaste de cette initiative attend la suite avec impatience. Dominique Abit espère déjà qu’il en soit de même pour tous et que son compteur de visite augmente régulièrement.

http://regardici.fr/1914-2014

“Un homme à la mer“, on tourne sur Oléron

6 octobre, 2014

Publié le 20 juin 2014

L’île est un décor à elle seule, elle a inspiré la réalisatrice belge Géraldine Doignon pour y tourner une grande partie de son prochain long métrage jusqu’au 28 juin.

Ce film d’une heure trente qui sortira en 2015 raconte une histoire librement inspirée de la vie du frère de la réalisatrice dont le métier de biologiste marin consistait à disséquer des holothuries (concombre de mer) toute la journée sans jamais voir la mer. Passionnant direz-vous. Partant de là, Mathieu, biologiste, incarné par Yoann Blanc, du fond de son laboratoire bruxellois ne voit jamais la mer, lui qui a pour passion les requins. Sa vie avec Juliette, danseuse passionnée lui semble aussi fade que son travail. Il profite d’une fugue de Christine sa belle-mère, jouée par Jo Deseure, pour aller la retrouver dans une grande maison au bord de l’océan. Ce voyage devient initiatique et l’histoire montre une amitié atypique et singulière qui va lier un jeune homme de trente ans à une femme mûre dont il admire l’esprit de liberté inopiné. Le film est émaillé de rencontres comme celle de Nicole, l’amie oléronaise de Christine, jouée par Christine Merville et sa fille Anaïs jouée par la jeune Joséphine Stoll. Elles accueillent la belle-mère dans leur maison oléronaise. C’est sur l’île, loin de leurs familles et exilés de tout que les deux protagonistes, Mathieu et Christine, vont ensemble se comprendre et partager le désir de reprendre leurs vies en main.

Film 1

Géraldine Doignon aux petits soin de son second rôle féminin Joséphine Stoll. © SM

Le cinéma sait fabriquer sa propre réalité. Ainsi à l’hôtel des Dauphins à Chassiron où une chambre a été mise à disposition pour le tournage, ce sont des scènes de nuit qui sont tournées en plein jour. Une immense bâche sert à occulter toutes les ouvertures d’une partie de l’édifice et créé une nuit artificielle. À l’intérieur le tournage se fait en lumière naturelle, aucun projecteur n’apporte quelque lumière supplémentaire. Au bar, où une nouvelle scène est filmée, l’ambiance lumineuse est atténuée en masquant les éclairages par du papier calque. La caméra numérique très moderne permet une grande sensibilité aux faibles éclairage. « Silence, lance l’assistant réalisateur, 3, 2, 1, moteur, action », le chef opérateur qui cadre avec la caméra s’approche doucement du bar, suivi du perchman qui prend le son, le figurant barman accueille Mathieu qui arrive avec son bagage et demande une chambre, « coupez ! ». Géraldine Doignon a suivi la scène sur un moniteur de contrôle et prévoit quelques ajustements d’attitudes des acteurs. « On la refait », lance t-elle doucement. Pas besoin de parler fort, toute l’équipe est munie d’une petite radio avec oreillette pour communiquer, ainsi tout le monde est au courant en même temps de ce qui se passe sur le plateau.

Film 5

Géraldine Doignon, au premier plan, en tournage extérieur. © SM

La jeune réalisatrice belge francophone de 36 ans a pu trouver sur Oléron les lieux qui conviennent pour les deux tiers de son tournage. Ce qu’elle aime c’est sa lumière et son horizon dégagé. « Je connaissais l’île d’Oléron et son côté authentique, explique t-elle, les paysages naturels et préservés ses éclairages particuliers, le vent, la mer. J’y suis venue en repérage pour y trouver les lieux où tourner, mais aussi sur le continent comme à Fouras par exemple ». Avec l’envie de devenir cinéaste depuis l’âge de quinze ans, Géraldine Doignon, sortie en 2000 de l’Institut des Arts de Diffusion, une école d’enseignement supérieure des arts en Belgique, elle enchaîne plusieurs courts métrage dont “Trop jeune“ qui, en 2003, obtient le Grand Prix au festival de Bruxelle avant d’être sélectionné à Clermont-Ferrand et au FIPA, et “Comme personne“ présenté au festival de Namur en 2006. Son premier long métrage, “De leur vivant“ a reçu un bon accueil critique et à voyagé à Montréal et à São-Paulo. Réalisatrice pour la Radio télévision belge francophone, elle signe des émissions culturelles dont “Ma terre“ l’équivalent des “Racines et des ailes“ de France 3.

Film 8

Tournage en extérieur dans la campagne oléronaise. © SM

Les personnages d’Anaïs et de Nicole ont été repérés par Émilie Gauthier, oléronaise de Domino lors d’un casting à La Rochelle où Joséphine Stoll est en première dans un lycée à La Rochelle où elle suit des cours de théâtre. Une dizaine de  techniciens de la petite équipe d’une trentaine de personnes, au maquillage, à l’habillage, ou à la prise de son sont issus de la région. Le Conseil régional Poitou-Charente avec le Conseil général de Charente-Maritime ont accordé leur soutient à la réalisation. “Un homme à la mer“, un film dont on suppose qu’il sera projeté à L’eldorado à Saint-Pierre l’an prochain.

Monotype des pertuis, le projet avance…

2 octobre, 2014

Publié le 2 mai 2014

Parmi 5 architectes ce sont les plans de Jean-François Garry qui ont été choisi par les promoteurs du projet.

 Lancé par l’association Patrimoine Naviguant en Charente-Maritime (PNCM) au début de l’année, le projet de construction d’un Monotype des pertuis suit son calendrier (1). La remise des plans qui a eu lieu le 31 mars dernier a permis de choisir un voilier d’aspect traditionnel d’une conception utilisant certains matériaux modernes, le contre-plaqué époxy qui facilite l’entretien. Des 5 plans proposés, un n’était pas abouti, deux furent jugés trop extrêmes et un très compliqué à concevoir. Les plans de Jean-François Garry ont été jugés mieux positionnés sur le projet. Porte parole du projet au sein de PNCM, Jean-François Garenne l’atteste, « l’esprit c’est plus celui du Vaurien ou de la Caravelle plutôt que des beaux vernis, c’est l’utilisation qui en fait l’intérêt ainsi que la facilité d’entretien ». Le bateau choisi sera doux à la navigation grâce à un double bouchain, (forme de la coque), qui facilite aussi la construction. Un ballast central de 220 litres permet d’évoluer en choisissant un comportement sportif s’il est vide ou plus calme s’il est rempli, il est facile à vidanger par gravité ou en navigation avec une pompe manuelle. « Les plans sont actuellement étudiés pour simplifier la construction du prototype et en fixer une méthode, explique Jean-François Garenne, il faut aussi affiner le devis de poids, échantillonner les matériaux et appliquer des données encore théoriques ». Ce qui est actuellement défini, c’est que le voilier sera homologué en catégorie C, c’est à dire navigation jusqu’à force 6 dans une mer de 2 mètres de creux maximum. Pouvant embarquer 4 équipiers, il mesure 17 pieds et a une voilure de 17 m2 (hommage au département), sera dériveur intégral et pourra se poser grâce à deux quilles d’échouage. Il est prévu insubmersible et d’un poids lège de 280 kilos. Le gréement sera en bois de type sloop à houari (voir le dessin), qui a l’avantage de posséder un mât court ne dépassant pas excessivement du tableau arrière une fois celui-ci baissé.

La construction va débuter en mai, en prenant son temps, « afin d’être sûr d’avoir tout éprouvé et de nous conformer au cahier des charges, indique Jean-François Garenne, il se peut que le Monotype des pertuis soit présenté au Grand Pavois en septembre mais nous n’en faisons pas une obligation ».

dessin monotype

 Le futur Monotype des pertuis (dessin d’artiste) © J.F. Garry.

Un projet de Monotype des pertuis est à l’étude

2 octobre, 2014

Publié le 3 janvier 2014

Un petit voilier de facture traditionnelle va voir le jour au cours de l’an prochain dans les pertuis charentais. Des monotypes existent sur des plans d’eau comme la baie de Morlaix, le golfe du Morbihan ou le bassin d’Arcachon. Ici, dans les pertuis, cela manque.

 

L’association Patrimoine Navigant en Charente Maritime basée à Royan est un collectif rassemblant une vingtaine d’associations ainsi que des propriétaires privés qui naviguent sur des bateaux traditionnels et au moins 200 sympathisants. PNCM compte environ 80 bateaux qui animent des manifestations de voile traditionnelle comme la Remontée de la Seudre tous les ans en aout, ou participe aux grands rassemblements nationaux comme la Semaine du Golfe du Morbihan tous les ans en mai. Depuis 2003 l’association coordonne le calendrier des manifestations de bateaux traditionnels dans la région, des Sables d’Olonne jusqu’au Pays basque. Jean-François Garenne, patron du voilier Lola of Skagen basé à Saint-Denis d’Oléron est porte parole du projet, « le manque d’un monotype des pertuis charentais est flagrant, déclare t-il, la navigation traditionnelle est très présente sur notre plan d’eau mais Il faudrait un petit bateau susceptible, par son esthétique, sa conception, son gréement, de s’intégrer aux paysages maritimes du littoral charentais et plaire à un public aimant la voile traditionnelle ». L’idée à peine lancée, il se crée un enthousiasme pour ce nouveau bateau tant au niveau du public qu’au niveau des chantiers depuis son lancement au salon nautique de Paris. Le concept est facile à comprendre, proposer un voilier simple, utilisable pour la randonnée et la promenade, mais aussi performant pour participer à des régates conviviales. Un bateau accessible au plus grand nombre, d’un budget restreint, tant pour la construction que pour l’entretien.

Guépards 2

 À l’instar de ces Guépards du golfe du Morbihan, les pertuis auront leur Monotype. © SM

Un projet dont le cahier des charges existe déjà

Sur le papier le projet est avenant. Le cahier des charges qui a été transmis à quatre architectes consultants propose donc un voilier simple de 17 pieds (comme 17 le n° du département), soit environ 5,20 mètres, pas plus de 300 kg et d’une mise en œuvre très facile. « Nous allons faire en sorte que la préparation du bateau et sa mise à l’eau ne prenne pas plus de cinq minutes, explique Jean-François Garenne, la conception sera compliquée mais c’est pour mieux simplifier l’utilisation. Chaque point sera étudié sur les plans, la facilité à mâter, la possibilité d’échouer, la mise à l’eau avec une remorque adaptée, nous pensons aussi au stockage du bateau, sous taud dans un jardin, le rangement des espars* ». D’autres idées sont dans l’air comme l’utilisation du bois comme matériau de construction, l’insubmersibilité et le cockpit auto-videur. L’association PNCM a lancé le projet avec des architectes mais chacun peut participer à la conception et proposer des idées, le cahier des charges est disponible sur son site internet**.

 

 

Photo by Best DSC!

 Photo © SM

Un premier bateau pour 2014 ?

Un calendrier a été mis en place pour l’avancement du programme. Si les avant projets sont attendus au plus tard le 22 janvier, la décision du plan choisi sera communiquée le 14 février aux participants et les plans seront disponibles le 31 mars. S’en suivra une période de construction d’un prototype par une équipe de bénévoles de PNCM jusqu’en août, les premiers essais en septembre et la présentation publique au Village Bois du Grand Pavois 2014. « Il est possible qu’au cours de la construction les plans évoluent, indique Jean-François Garenne, mais dès que nous seront satisfait du prototype, que nous serons sûrs que toutes nos idées ont été mises en œuvre et à l’épreuve, les plans seront déposés et les caractéristiques du Monotype des pertuis seront précisées dans une jauge ».

Le financement du prototype sera assuré par les fonds propres mais limités de PNCM. Le collectif fera aussi appel aux dons et souscriptions avec possibilité de déduction en cas d’achat des plans, ainsi qu’a des subventions des collectivités territoriales. C’est un joli projet que voilà, à l’instar des Caravelles de la baie de Morlaix, des Guépards du golfe du Morbihan ou des Monotypes du bassin d’Arcachon, le littoral charentais va enfin avoir son Monotype des pertuis.

* Les éléments du gréement

** www.pncm.fr

Sortie sur l’estran avec le CPIE* Iodde

1 octobre, 2014

Publié le 12 septembre 2014

Pour ses dix ans, Iodde a proposé des conférences et sorties nature. Samedi 6 septembre, chacun était convié sur l’estran à Chassiron.

Estran de Chassiron

Photo © SM

Une douzaine de personnes étaient présentes, motivées malgré l’heure matinale de ce rendez-vous donné à huit heures pour profiter d’une marée basse de coefficient moyen. C’est à la pointe de Chassiron entre deux écluses à poisson, la Vieille longe et les Jeunes pointes que la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) a accordé une concession scientifique à l’université de La Rochelle entre 2006 et 2010. Ce petit morceau d’estran a permis à Iodde et à différents chercheurs d’y faire un inventaire patrimonial du vivant au résultat presque exhaustif. Ce sont environ 400 espèces différentes, algues et animaux, qui ont été comptabilisées sur le benthique (sur le fond de roches). Plusieurs études ont eu lieu dont une dans le cadre de la pêche à pied et une autre sur les algues locale. Jacques Pigeot, président de Iodde depuis 2010, enseignant chercheur à la retraite en biologie marine à l’université de La Rochelle encadrait la sortie pédagogique. « Une des études portait sur la perturbation du milieu marin par l’activité humaine, explique le scientifique, il peut y avoir 30 % de perte d’espèces par retournement des pierres non remises en place. Mais nous nous sommes aperçu de la bonne santé du milieu qui peut se reconstituer en deux années ». Ce sont les algues qui en sont les indicateurs, toutes comestibles, d’une beauté esthétique telle que le chercheur s’est confectionné un “alguier“ comme d’autres se font des herbiers. Une artiste qui a exposé à la Maison de la pointe proposait même des tableaux créés à partir d’algues. « Un peu plus bas vers le large se trouvent des champs de laminaires, indique Jacques Pigeot, mais nous pouvons y constater la disparition de deux variétés ce qui est une indication du réchauffement de nos eaux. Elles sont encore présentes vers l’île de Ré et plus au nord, ce sont des algues qui aiment l’eau froide ».

Sortie Iodde

Photo © SM

Petits crustacés, vers, gastéropodes, nudibranches, arthropodes, tout ce petit monde à l’abri sous les roches ou les pierres ont permis de découvrir que l’estran est d’une incroyable richesse à l’instar de la Bretagne. Iodde dans sa démarche éducative permet à chacun de s’approprier une connaissance de ce territoire qui apparaît et disparaît deux fois par jour et de penser à en prendre soin.

*Centre permanent d’initiative à l’environnement.

www.iodde.org

Chassiron, une “bougie sur un gâteau“

1 octobre, 2014

Publié le 16 mai 2014

Outre son utilité pour la navigation, le phare de Chassiron et ses jardins sont le site incontournable du “bout du monde“ comme on nomme la pointe de l’île d’Oléron.

Sémaphore et phare

Photo ©SM 

La “bougie“, à l’origine une tour à deux feux datant de 1685 indique l’entrée du pertuis d’Antioche. Le phare de Chassiron est un des trois premiers phares construit en France avec les Baleines au nord et Cordouan au sud. Le phare actuel, construit en deux ans, a été mis en service en 1836. Les rayures horizontales permettent de le distinguer facilement de jour. La nuit, c’est une ampoule de 250 watts à 46 mètres qui fait un éclat blanc toutes les dix secondes, visible à 52 km. La visite se fait après une montée de 224 marches qui mènent sur un balcon à 39,5 mètres. Le “gâteau“, c’est la rotonde au pied du phare qui, avec deux logements sur deux niveaux, hébergeait deux gardiens et leurs familles jusqu’en 1998. Depuis il est télécontrôlé à partir de La Rochelle.

Phare

Photo ©SM 

Des projets pour obtenir la délégation

C’est Roger Bithonneau ancien maire de Saint-Denis qui, pour obtenir la Délégation de service public (DSP), lança le projet des grand jardins. Deux dessins ont été proposés, soit un gigantesque cadran solaire avec l’ombre du phare pour indiquer l’heure, ou une rose des vents. C’est cette dernière qui a été choisie. Depuis avril 2007, le jardin accueille différentes plantation présentes sur l’île, une vigne et ses trois cépages, un potager, accompagné par des aromates et des arbres fruitiers. Une autre partie présente un jardin contemporain de plantes originaires du monde entier, de petits bassins sont ornementés d’espèces aquatiques. Un parcours de découverte de l’histoire du phare jalonne les jardins avec des bornes informatives. Le jardin est d’accès aisé pour les quatre handicaps, (label tourisme et handicap), depuis sa création en 2007, il a reçu deux autres récompenses, la Victoire d’or du paysage et celle du Jardin remarquable.

La travée d’accès au phare longue de 150 mètre est balisée de plusieurs panneau donnant tout l’historique du phare depuis son origine à nos jours.

Un musée vivant

Un autre projet s’est ouvert à la même époque dans les anciens logements, un musée vivant avec une scénographie de parcours spectacle illustré par l’histoire d’un jeune naufragé échoué sur la pointe de Chassiron qui devra sa survie par l’apprentissage des différentes technique de pêche locales, mais aussi par celui de l’agriculture. Le parcours de 26 minutes permet de suivre son histoire au travers de films, de témoignages et l’exposition de maquettes et d’objets authentiques. Le musée est accessible à deux handicaps.

Dominique Abit adjoint du patrimoine, employé par la commune est chargé de la DSP. Son rêve serait d’accueillir à Chassiron un centre d’interprétation de la nature, de la biodiversité, de paléontologie et de géologie, des paysages et même un aquarium de faune locale. « Ici à Chassiron où tout est prévu pour accueillir du public ce serait l’endroit idéal, déclare t-il. Un rêve inaccessible ? En tout cas le site est déjà remarquable et a reçu plus de 160 000 visiteurs en 2013 sans compter le jardin dont l’accès est gratuit.

www.chassiron.net

Lola of Skagen, la voile traditionnelle vivante

29 septembre, 2014

Publié le 25 avril 2014

 

C’est un bateau “coup de cœur“, un voilier presque centenaire que le capitaine, Jean-François Garenne, est fier de faire naviguer dans les pertuis et sur la façade atlantique.

 

Construit en 1919 au Danemark, Lola of Skagen porte le nom de la ville qui l’a vu naître. À l’époque il fait partie d’une longue série de navires de pêche à la senne circulaire (filet tournant), qui permettaient grâce à leur relative rapidité de rejoindre Londres pour vendre le poisson frais et vivant, conservé dans des viviers, et donc d’en augmenter la valeur. Jean-François Garenne que l’activité de consultant en informatique faisait voyager à travers l’Europe avait l’occasion de naviguer sur les voiliers traditionnels des polders hollandais. C’est là qu’il a eu un coup de cœur pour les vieux gréement puis l’envie de monter un nouveau projet professionnel, faire vivre et naviguer un vieux gréement sur la façade atlantique.

Lola 1

Photo © DR

Une rencontre et un projet de vie.

C’est aux Pays-Bas, dans un port de la Frise que Jean-François Garenne trouve son bateau. Il va pouvoir démarrer son nouveau projet de vie. « J’ai choisi Lola parce que c’est un bateau marin, déclare t-il, j’avais des critères d’esthétique traditionnelle, de qualités nautiques, maritimes et une bonne habitabilité. Ce n’est pas le cas de tous les vieux gréements des Pays-Bas qui sont avant tout faits pour naviguer sur les polders. Mon projet devait lier vie familiale, avoir un impact responsable sur l’environnement et un modèle économique viable ». Sur l’idée de ce qui existe là-bas, il reprend une idée qui marche bien pour l’étudier et l’adapter à la mer, faire naviguer des gens à l’ancienne mais avec une convivialité inégalable. Lola of Skagen est prêt à naviguer quand il l’achète, mais pas pour embarquer des équipiers. Le nouvel armateur n’est pas pressé, il met 7 ans à le préparer et le transformer à Douarnenez et Bordeaux, il modifie le gréement pour en faire un cotre aurique plus performant et plus facile à manœuvrer, puis rend l’intérieur habitable et vivable avec un carré, une cuisine et des couchettes à l’esprit d’époque mais avec le confort, il y a même du 220 volts. Le bateau peut embarquer douze équipiers en croisière. Pendant ce temps le skipper obtient le “Yacht Master“ en Angleterre, diplôme qui l’autorise à embarquer des équipiers qu’il rendra international en obtenant le “Capitaine 200“ en France. En 2002 l’exploitation professionnelle de Lola of Skagen, peut commencer.

Lola 2

Photo © SM

Naviguer durable et vivre local

Le projet mis en place, il reste à trouver un port d’attache où s’installer pour exploiter le voilier. Jean-François Garenne pense d’abord naturellement à La Rochelle, « mais lors d’une escale à Saint-Denis, explique t-il, j’ai eu un accueil tellement sympathique de la part du personnel du port et même du maire, que j’ai décidé d’y laisser le bateau. Ils lui ont tout de suite fait une place pour être la base logistique de Lola of Skagen ». Dans le projet était inclus une mesure de l’impact environnemental. Le bateau étant en bois, c’est un bon départ vers le durable. Les divers travaux d’amélioration et de restauration sont fait sur l’île, entre autres au Chantier du Bois Marin. Le skipper et sa famille s’intègrent dans la vie locale et s’implantent sur l’île, il peut faire profiter ses équipiers des produits locaux. « Je favorise les circuits courts pour l’avitaillement, détaille t-il, du frais, du local, du bio. Je fidélise les gens avec ma cuisine, que ce soit dans les pertuis ou lors de croisières en Bretagne ». Respectant son crédo “responsable et durable“ l’eau utilisée à bord ne peut être pompée qu’à la force du pied, 1100 litres suffisent pour une croisière d’une semaine. Le moteur est très peu utilisé, à peine pour les manœuvres de port. « Depuis 2003, nous enregistrons nos consommations et nombre d’heures moteur, signale Jean-François Garenne, nous prêtons la plus grande attention à son utilisation et avons ainsi diminué notre consommation de gasoil de plus de 75% à activité en augmentation raisonnable mais constante ». Historiquement, ces bateaux ne naviguaient qu’à la voile.

Lola 6

Photo © SM

Naviguer à l’ancienne et se cultiver

À son métier de capitaine, Jean-François Garenne ajoute celui de guide touristique. Dans son programme de navigation il inclus des randonnées sur les îles, profitant d’une remontée de la Charente une visite de l’Hermione, des croisières spéciales Vauban, l’Histoire des brûlots. Avec Lola of Skagen dont toute la technicité a été éprouvée depuis l’époque de la navigation à la voile pure et dont les éléments ont été ajustés au bateau, les gens qui naviguent peu manœuvrent néanmoins facilement. « Il ne faut pas croire que tout était difficile à l’époque, souligne le capitane, la vie n’était pas facile mais le bateau lui l’était. Sur Lola où nous pouvons être douze, les pêcheurs partaient à cinq, c’est la pêche qui était dure ». Le bateau possède tous les moyens moderne de navigation (GPS, lecteur de carte électronique, radar), mais le skipper propose aussi de “faire la nav’“ à l’ancienne avec sextant, loch à poisson, compas de relèvement, sonde à main, positionnement sur carte.

À partir d’une passion Jean-François Garenne a réinventé un métier, son métier, et il le partage bien. Des équipiers qui se sont rencontrés à son bord ont fini par se marier et reviennent régulièrement.

orion.charter.pagespro-orange.fr

Lola of Skagen 05 46 75 74 08